Rapports de l’ULCC : L’OCNH presse le parquet de Port-au-Prince de sortir du silence judiciaire
Face à l’absence de suites visibles données aux rapports d’enquête de l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC), l’Organisation des Citoyens pour une Nouvelle Haïti (OCNH) a officiellement saisi, le 13 janvier 2026, le commissaire du gouvernement près le tribunal de première instance de Port-au-Prince. L’organisation réclame la mise en mouvement de l’action publique et dénonce une inertie qui alimente, selon elle, la méfiance et le sentiment d’impunité au sein de la population.
Dans sa correspondance adressée au chef du parquet, l’OCNH rappelle que les rapports transmis par l’ULCC constituent des dénonciations formelles relevant de la compétence directe du ministère public. Dès lors que les faits révélés sont susceptibles de qualification pénale, le parquet a l’obligation légale de les examiner et, le cas échéant, de saisir un juge d’instruction. Pour l’organisation, l’absence de décisions claires et de procédures engagées affaiblit la crédibilité de l’appareil judiciaire et envoie un signal négatif dans un contexte national déjà marqué par une crise de confiance envers les institutions.
L’OCNH s’appuie également sur les engagements internationaux d’Haïti, notamment la Convention des Nations unies contre la corruption, qui impose des poursuites effectives, indépendantes et diligentes. Elle avertit que les retards prolongés favorisent la disparition des preuves, découragent la vigilance citoyenne et sapent le travail des organes de contrôle. En appelant le parquet à agir avec rigueur et transparence, l’organisation estime que seule une réponse judiciaire ferme permettra de rompre avec la culture de l’impunité.
À travers cette interpellation directe, l’OCNH place la justice haïtienne face à une épreuve décisive : transformer les rapports d’enquête en actes judiciaires concrets ou accepter que le silence continue d’éroder la confiance des citoyens dans l’État de droit.
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