Drame conjugal et accouchement derrière les barreaux : la justice face au cas Tonia Blot
Le commissaire du gouvernement près le tribunal de première instance de Port-au-Prince, Me Fritz Patterson Dorval, s’est rendu le mardi 20 janvier 2026 au Centre de rééducation des mineurs en conflit avec la loi (CERMICOL), à Delmas 33, où sont logées depuis quelque temps des femmes détenues, pour visiter la policière Tonia Blot, membre de la 32e promotion de la Police nationale d’Haïti (PNH). Cette dernière y est, actuellement incarcéré pour avoir mortellement blessé son mari, Richkaad Lamothe, lors d’une altercation.
Cette visite intervient dans un contexte particulier : la policière Blot vient de donner naissance à une petite fille à l’intérieur même de la prison. Une situation qui suscite de nombreuses réactions, tant sur le plan humain que judiciaire.
Une version des faits livrée au commissaire
Lors de sa rencontre avec le commissaire Dorval, Tonia Blot a réitéré sa version des faits. Elle affirme que, lors d’une dispute conjugale, son mari se serait emparé de son arme de service. Une lutte aurait alors éclaté pour reprendre le contrôle du pistolet afin, dit-elle, d’éviter qu’il ne l’utilise contre elle.
C’est au cours de cette altercation qu’un coup de feu serait parti accidentellement, atteignant mortellement Richkaad Lamothe.
Pression syndicale pour une liberté conditionnelle
La visite du commissaire du gouvernement fait suite à une interpellation publique du coordonnateur du Syndicat de la Police nationale d’Haïti (SPNH-17), Garry Jean Baptiste. Ce dernier a demandé à la justice d’accorder à la policière Blot une liberté conditionnelle pour des raisons humanitaires.
Selon lui, les conditions de détention au CERMICOL un centre surpeuplé et inadapté ne constituent pas un environnement sain pour un nouveau-né. Il estime qu’il est inacceptable qu’un bébé commence sa vie dans un tel cadre. Toutefois, le syndicaliste précise que l’accusée resterait disponible pour la justice et poursuivrait à répondre de ses actes dans le cadre de la procédure judiciaire en cours.
Un climat conjugal tendu avant le drame
D’après plusieurs informations recueillies, le couple vivait dans un climat de conflits récurrents. Tonia Blot était enceinte de quatre mois au moment du drame. Elle a confié au commissaire que le comportement de son mari aurait changé depuis l’annonce de sa grossesse. Celui-ci, selon ses dires, lui aurait même demandé d’avorter, ce qu’elle a catégoriquement refusé.Cette tension constante aurait culminé dans l’altercation fatale.
Entre justice et considérations humanitaires
L’affaire Tonia Blot place la justice haïtienne face à un double défi : faire toute la lumière sur un homicide conjugal impliquant une agente de police, tout en tenant compte de la situation humaine délicate d’une mère ayant accouché en détention.
L’enquête se poursuit afin de déterminer avec précision les responsabilités pénales dans ce dossier sensible, qui continue de provoquer une vive émotion au sein de l’opinion publique.

