Haïti-CROSE et alliés proposent un « Réveil Territorial » pour pallier l’échec de l’ultra-centralisation
Alors que l’échéance du 7 février 2026 marquant la fin du mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) approche, la Coordination Régionale des Organisations du Sud-Est (CROSE) sort du silence. L’organisation propose un projet de rupture intitulé «Le Réveil Territorial (2026-2027)», plaidant pour une transition pilotée par la souveraineté des départements.
Le document d’une vingtaine de pages environs présenté en synthèse à la presse par l’ingénieur-agronome Pitchon Espady, actuel dirigeant de CROSE, le lundi 19 janvier 2026, dresse un constat sévère sur le modèle centralisé sur la capitale qui a échoué.
Haïti fait face à une triple crise sécuritaire où plus de 85 % de Port-au-Prince, ainsi qu’une large partie de l’Artibonite et du Plateau Central, sont sous le joug des gangs.
L’écomomie: le blocage des routes nationales a transformé les départements en enclaves isolées, provoquant une paupérisation rurale et une insécurité alimentaire critique (niveau IPC4).
La politique: les luttes partisanes au sommet de l’État bloquent toute solution durable, laissant planer la menace d’un vide institutionnel total en février 2026.
Fidèle à l’héritage de son fondateur, feu Gérald Mathurin, la CROSE propose que la légitimité de l’État émane désormais des territoires. Cette nouvelle architecture repose sur trois piliers:
-Pilliers Légal: un Président issu de la Cour de Cassation pour assurer la stabilité institutionnelle.
Pillier de compétence: un premier ministre, haut fonctionnaire de carrière, dirigeant un cabinet restreint de 12 ministres. Un “vetting” strict exclurait tout dirigeant de parti politique ou personne impliquée dans la corruption.
Pilier Territorial: la création d’un Organe de Contrôle de la Transition (OCT) composé de 11 membres (1 par département et 1 pour la diaspora) chargé de surveiller l’action gouvernementale.
Le plan préconise une cogestion de proximité pour rétablir l’ordre. La sécurité ne serait plus gérée uniquement depuis Port-au-Prince, mais via des Conseils de Sécurité Départementaux (CSD).
La Priorité absolue à la réouverture des routes nationales (RN1, RN2, RN3) grâce à des “corridors de vie” protégés par des zones tampons militarisées tous les 20 km. Par ailleurs, une “cantonalisation” de la police est suggérée, où les agents seraient affectés prioritairement à leur département d’origine pour favoriser l’intégrité et la connaissance du terrain.
Sur le plan financier, la CROSE exige que 40% du budget d’investissement national soit alloué directement aux provinces. Pour lutter contre la corruption, le projet prône la digitalisation des recettes et un portail « Open Data » pour une transparence totale.
L’objectif final est de rétablir l’ordre démocratique en 12 mois via un calendrier précis. Le mois Octobre 2026 serait ainsi prévu pour la tenue des élections locales (Mairies, CASEC, ASEC) pour restaurer l’autorité à la base.
Le premier tour des élections législatives et présidentielles auraient lieu fin 2026 et le second tour en janvier 2027.
Pour garantir l’intégrité du scrutin, le projet prévoit des centres de tabulation départementaux, évitant ainsi les manipulations de résultats lors du transfert vers la capitale Port-au-Prince.
Par Marcia MOÏSE
moisemarcha@gmail.com

