Le MORN s’oppose au maintien du Premier ministre au-delà du 7 février
Le Mouvement pour la Reconstruction et la Réconciliation Nationales (MORN) a clairement affiché, vendredi, son refus de voir le Premier ministre Alix Didier Fils Aimé rester en fonction au-delà du 7 février prochain. Cette prise de position a été rendue publique lors d’un rassemblement tenu au Parc Midoré, à Delmas 33, où militants et sympathisants s’étaient mobilisés pour faire entendre leur voix.
D’après les dirigeants du mouvement, qui dit fédérer plus d’une cinquantaine de formations politiques ainsi que de nombreuses structures de la société civile, des tractations seraient en cours pour prolonger la présence du chef du gouvernement de transition à la tête de l’exécutif. Le MORN affirme vouloir mettre un terme à toute tentative de reconduction jugée illégitime.
S’exprimant devant la foule, l’ancien sénateur Dieupie Chérubin a rappelé que le Conseil présidentiel de transition (CPT) avait la responsabilité de respecter l’échéance prévue. Il a alerté sur le danger de répéter les erreurs du précédent pouvoir transitoire et a exhorté les autorités à éviter toute dérive institutionnelle.
Le MORN a également renouvelé son soutien à l’idée d’un exécutif à deux têtes, composé d’un président issu de la Cour de cassation et d’un gouvernement de salut public. Selon le mouvement, cette configuration permettrait de prioriser la restauration de la sécurité et de poser les bases nécessaires à l’organisation d’élections crédibles sur tout le territoire national.
À l’approche du 7 février, date que le MORN considère comme marquant la fin du mandat du CPT, les discussions s’intensifient dans les milieux politiques et au sein de la population. Le mouvement estime que cette période charnière doit être gérée avec responsabilité afin d’éviter un vide au sommet de l’État.
Au cours de la même mobilisation, les responsables du MORN ont aussi critiqué la levée de visas visant des citoyens haïtiens, qualifiée de forme de pression inacceptable. Le père Amorce Georges a dénoncé ce qu’il perçoit comme une atteinte à la dignité nationale et a plaidé pour le respect de la souveraineté politique et économique d’Haïti.
Enfin, Dieupie Chérubin et le président du MORN, Jean Palerme Mathurin, ont insisté sur la nécessité d’une sortie de crise portée avant tout par les Haïtiens eux-mêmes. Ils estiment que le CPT et le gouvernement n’ont pas répondu aux attentes populaires après près de deux ans de transition et appellent à une mobilisation citoyenne pour reconstruire l’économie et améliorer les conditions de vie des plus démunis.

