Haïti : Les caméléons politiques face à l’épreuve du 7 février
En Haïti, le 7 février n’est pas une simple date du calendrier. C’est un symbole fort de rupture, d’alternance et de légitimité démocratique. Pourtant, à chaque échéance, les mêmes scénarios se répètent, portés par les mêmes acteurs : des caméléons politiques, maîtres dans l’art du travestissement idéologique, prêts à toutes les acrobaties pour préserver leurs privilèges.
Ces hommes et femmes du pouvoir ne voulaient pas quitter la scène le 7 février en laissant leur derrière vide, autrement dit sans garanties d’immunité, sans protection politique, sans arrangements souterrains. Leur objectif est limpide : échapper à la justice, se soustraire aux comptes qu’ils doivent à la nation, et prolonger l’impunité qui gangrène l’État haïtien depuis trop longtemps.
Derrière les discours creux sur la stabilité, la continuité institutionnelle ou l’intérêt national, se cache une peur viscérale : celle de rendre des comptes. Car partir réellement, c’est accepter de faire face aux dossiers de corruption, aux violations des droits humains, aux détournements de fonds publics et aux alliances troubles avec les forces de l’ombre qui ont transformé le pays en champ de ruines.
Cette classe politique caméléon change de couleur au gré des rapports de force, se recycle dans de nouvelles structures, se drape dans de nouveaux slogans, mais demeure fidèle à une seule ligne : la conservation du pouvoir et des privilèges. Peu importe le chaos, la misère, l’insécurité ou l’exil forcé de milliers d’Haïtiens, pourvu que leurs intérêts soient saufs.
Pourtant, l’histoire est têtue. Aucune manœuvre ne saurait indéfiniment bloquer l’exigence populaire de justice, de vérité et de dignité. Le 7 février doit redevenir ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être : une date de rupture réelle, non négociable, avec l’arbitraire, l’impunité et la confiscation du pouvoir.
Haïti ne pourra se relever que lorsque les caméléons politiques auront cessé de diriger le destin national, et que la justice, enfin libérée des pressions politiques, pourra accomplir sa mission. Car un pays ne se reconstruit pas sur la fuite, la peur et le mensonge, mais sur la responsabilité, la vérité et le courage politique.
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