Les huissiers de justice emboîtent le pas aux magistrats debout et aux greffiers et entrent en grève
À l’instar des greffiers, le Syndicat des Huissiers de Justice de la République d’Haïti (SHJRD’H) présidé par Me Shélomith Dorvil a lancé un mouvement de grève sur l’ensemble des 18 juridictions du pays. Depuis le lundi 8 décembre 2025, une correspondance a été adressée au Garde des Sceaux de la République, Dr Patrick Pélissier, exigeant l’application concrète des engagements pris lors de précédentes rencontres.
Le cahier des charges soumis au Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique (MJSP) s’articule autour de plusieurs points jugés non négociables par le syndicat. Parmi d’autres: Octroi de cartes de débit et augmentation substantielle des salaires; Versement de primes de risque et fourniture d’équipements de protection (casques et gilets pare-balles); Création d’une école dédiée, programmes de formation continue et nomination des huissiers exploitants au rang d’huissiers audienciers.
Les grévistes pointent du doigt une gestion budgétaire opaque, notamment dans le cadre de l’instruction sur l’assassinat de l’ancien président Jovenel Moïse. Ils déplorent l’absence de fonds spéciaux pour les huissiers chargés de signifier les actes de procédure dans ce dossier sensible.
De plus, le syndicat dénonce la suppression inexpliquée, il y a plus de six mois, de la prime de risque que l’État versait auparavant. “Nous exigeons une enquête pour comprendre pourquoi ces versements ont été interrompus sans préavis”, réclament les responsables du mouvement.
Le mot d’ordre est clair: la paralysie des activités judiciaires se poursuivra jusqu’à une réponse satisfaisante des autorités. Ce mouvement de grève coordonné menace de bloquer durablement le système judiciaire haïtien, déjà fragilisé par les crises successives.
Marcia MOÏSE
moisemarcha@gmail.com

