Haïti en otage : Quarante ans de trahison politique
Depuis 1986, Haïti vit sous le joug d’une classe politique incapable de se réformer, obsédée par ses intérêts personnels et sourde aux souffrances du peuple. Quarante ans de promesses non tenues, de détournements de fonds publics, d’accords opaques et de conflits d’intérêts ont plongé le pays dans un chaos durable. Et aujourd’hui, en 2026, rien ne semble avoir changé : dix ans sans élections, un Conseil Présidentiel de Transition (CPT) qui échoue sur toute la ligne, et un Premier ministre monocephale, Alix Didier Fils-Aimé, seul détenteur du pouvoir exécutif, incapable de produire le moindre résultat concret.
Ces politiciens ont oublié que le pouvoir n’est pas un jouet : c’est une responsabilité envers le peuple. Au lieu de se concentrer sur la sécurité, la stabilité et la préparation d’élections générales, ils passent leur temps à négocier dans l’ombre des accords politiques qui ne servent qu’à protéger leurs privilèges. Leurs réunions sont des mascarades, leurs promesses sont des mots vides, et la misère des Haïtiens est un décor qu’ils tolèrent sans y prêter attention. Pendant qu’ils se battent pour leurs positions et leurs quotas, des millions de citoyens vivent dans l’insécurité, l’angoisse et le désespoir.
Chaque décision retardée, chaque consensus politiquement motivé et chaque échec institutionnel a un prix : des familles qui ne savent pas si elles pourront manger demain, des jeunes qui quittent le pays par milliers, et une société qui s’enfonce dans la peur et la frustration. La politique “ôte-toi de là que je m’y mette” est devenue la règle, et la démocratie un simple mirage. La classe politique semble ignorer qu’une nation n’est pas une arène pour ses jeux de pouvoir : elle est une communauté de citoyens qui exigent justice, sécurité et dignité.
Le rôle des partis politiques est clair : garantir le retour de l’ordre démocratique et constitutionnel, préparer des élections générales, rétablir la sécurité et protéger les ressources publiques. Mais tout ce que nous voyons, c’est une obsession pour les alliances personnelles, les postes et les avantages indus. Ces hommes et ces femmes qui se disent dirigeants ont transformé le service public en commerce personnel et le pouvoir en instrument de corruption.
Haïti mérite mieux. Elle mérite des dirigeants qui écoutent le peuple, qui se battent pour la sécurité de ses citoyens, qui respectent la Constitution et qui placent l’intérêt général au-dessus des ambitions individuelles. Tant que cette élite continuera à jouer avec le pays, le chaos, la misère et la frustration resteront le quotidien de millions de Haïtiens. Le temps des calculs et des manœuvres est révolu : Haïti exige que ses dirigeants servent enfin le peuple, et non leurs propres intérêts.
Il est temps de mettre fin à quarante ans d’inaction et de trahison : si la classe politique persiste à privilégier ses intérêts au détriment du peuple, elle restera gravée dans l’histoire non pas comme celle qui a dirigé Haïti, mais comme celle qui a trahi la nation entière. Le peuple haïtien n’oubliera pas, et il a le droit de demander des comptes.
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