Enlèvement de deux journalistes : la SOFEHJ dénonce une attaque contre la liberté de la presse
La situation sécuritaire continue de se dégrader en Haïti, touchant de plein fouet le secteur médiatique. Dans une note rendue publique, la Solidarité des Femmes Haïtiennes Journalistes (SOFEHJ) a vivement réagi à l’enlèvement de deux journalistes, survenu le vendredi 13 mars 2026 au centre-ville de Port-au-Prince.
L’organisation exprime son indignation face à cet acte qu’elle qualifie de grave atteinte non seulement à la sécurité des professionnels de l’information, mais aussi aux fondements mêmes de la démocratie. Selon la SOFEHJ, cet enlèvement illustre une escalade inquiétante de la violence visant à faire taire la presse.
Rappelant le cadre légal, la structure souligne que la Constitution haïtienne garantit la liberté d’exercice du journalisme, sans censure ni autorisation préalable. Elle évoque également plusieurs engagements internationaux d’Haïti, notamment en matière de liberté d’expression et de protection des journalistes, insistant sur le fait que ces derniers doivent être considérés comme des civils, même dans des contextes d’insécurité.
La SOFEHJ pointe du doigt l’expansion des groupes armés, dont la coalition “Viv Ansanm ” , accusés d’imposer un climat de peur dans la capitale. Dans ce contexte, elle estime que l’inaction des autorités contribue à fragiliser davantage la liberté de la presse.
Face à cette situation, l’organisation formule plusieurs revendications. Elle exige la libération immédiate et sans condition des deux journalistes enlevés, tout en appelant les autorités à assumer pleinement leur responsabilité dans la lutte contre l’insécurité. Elle interpelle également le Conseil Supérieur de la Police Nationale (CSPN) afin qu’un dispositif spécifique soit mis en place pour protéger les journalistes, particulièrement exposés sur le terrain.
Par ailleurs, la SOFEHJ lance un appel aux organisations de défense des droits humains ainsi qu’à la communauté internationale, les invitant à maintenir la pression sur les autorités haïtiennes pour garantir le respect de la liberté de la presse.
Malgré le contexte difficile, l’organisation affirme sa détermination à poursuivre le combat pour le droit d’informer, refusant de céder à l’intimidation et à la violence.

