Iran : Exécutions politiques en série, un signal de fermeté à la veille du Nouvel An persan
À l’approche de Norouz, moment traditionnel de renouveau et d’espoir en Iran, les autorités ont procédé à l’exécution de quatre hommes en moins de 48 heures. Ces mises à mort, liées à des accusations politiques et sécuritaires, suscitent une vive inquiétude au sein de la communauté internationale et des organisations de défense des droits humains.
Dans un climat déjà marqué par des tensions internes et des frappes visant plusieurs zones du territoire, le pouvoir iranien a choisi de faire preuve d’une fermeté extrême. Trois des personnes exécutées avaient été arrêtées lors des manifestations déclenchées fin décembre 2025, initialement motivées par la vie chère avant de se transformer en contestation plus large du régime. Accusés d’avoir participé à des actes violents contre les forces de l’ordre, ils ont été jugés et condamnés dans un contexte dénoncé par plusieurs observateurs comme opaque et expéditif.
Le quatrième cas, celui de Kourosh Keyvani, un ressortissant irano-suédois, a ravivé les tensions diplomatiques. Accusé d’espionnage au profit d’Israël, son exécution illustre la dimension géopolitique que prend désormais la répression en Iran. Pour de nombreuses ONG, ces décisions judiciaires traduisent une stratégie claire : instaurer un climat de peur afin de dissuader toute nouvelle mobilisation populaire, à un moment où le pouvoir se sent fragilisé tant sur le plan interne qu’externe.
À l’heure où des millions d’Iraniens s’apprêtaient à célébrer le passage à la nouvelle année, ces exécutions viennent assombrir un moment symbolique d’unité nationale, révélant un pays plus que jamais traversé par la crainte, la colère et l’incertitude.
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