Marc Elie Nelson face au rejet de Champin : quand l’aide ne suffit plus
Ce qui s’est produit le 26 avril 2026 à Champin, au Cap-Haïtien, dépasse largement un simple refus de kits alimentaires. En rejetant l’initiative du ministre des Affaires sociales, Marc Elie Nelson, une partie de la population surtout des jeunes a exprimé un ras-le-bol profond face à une gouvernance qu’elle juge déconnectée de ses réalités. Ce geste, loin d’être un caprice ou une ingratitude, traduit une rupture de confiance entre les citoyens et les institutions publiques.
Distribuer du riz, des pois ou de l’huile peut soulager temporairement, mais ne répond en rien aux véritables urgences : chômage chronique, insécurité persistante, absence d’opportunités pour la jeunesse. À Champin, comme dans bien d’autres quartiers du pays, les habitants ne réclament pas seulement de quoi survivre quelques jours, mais des perspectives pour vivre dignement. Ce refus est donc un message clair : la population ne veut plus de solutions ponctuelles qui masquent l’ampleur de la crise.
L’échec de cette opération révèle aussi une erreur stratégique des autorités. Continuer à privilégier des actions symboliques sans s’attaquer aux racines des problèmes risque d’accentuer la frustration populaire. Une politique sociale efficace ne peut se limiter à l’assistanat ; elle doit s’inscrire dans une vision durable, intégrant éducation, emploi et sécurité.
En réalité, Champin n’a pas rejeté de la nourriture elle a rejeté une manière de faire. Et tant que les dirigeants ne comprendront pas cette nuance essentielle, ils continueront de repartir, comme ce dimanche, les mains pleines de dons… mais vides de solutions.
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