PNH : Garry Jean Baptiste rétrogradé, une sanction qui ravive la fracture interne
La Direction générale de la Police nationale d’Haïti a décidé de sévir contre Garry Jean Baptiste, figure influente du SPNH-17. Rétrogradé de deux grades, l’agent paie son implication dans des actions revendicatives controversées, dans un climat déjà tendu au sein de l’institution.
La décision est tombée comme un signal fort envoyé par la hiérarchie : Garry Jean Baptiste n’est plus inspecteur divisionnaire, mais inspecteur municipal. Cette rétrogradation, loin d’être anodine, s’inscrit dans une volonté affichée de reprendre le contrôle sur les dynamiques internes de la Police nationale d’Haïti. Selon plusieurs sources concordantes, l’agent est pointé du doigt pour son rôle actif dans des mouvements de pression, notamment autour de la libération de policiers du BI-2 détenus au commissariat de Delmas 33. Une implication jugée incompatible avec les règles de discipline et de neutralité exigées au sein du corps.
Mais au-delà de la sanction individuelle, cette affaire met en lumière les fractures profondes qui traversent la PNH. Entre revendications syndicales, exigences hiérarchiques et malaise généralisé dans les rangs, l’équilibre demeure fragile. Le SPNH-17, déjà engagé dans plusieurs bras de fer avec le commandement, pourrait voir dans cette décision une tentative de museler ses actions, au risque d’intensifier les tensions. Dans un contexte sécuritaire critique pour le pays, toute escalade interne pourrait affaiblir davantage une institution déjà sous pression.
En sanctionnant Garry Jean Baptiste, la PNH envoie un message d’autorité, mais prend aussi le risque d’attiser un feu couvant : celui d’une contestation interne qui ne demande qu’à s’embraser.
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