Haïti: l’ambassadeur du Mexique anime une conférence sur les dynamiques migratoires dans les Amériques
Le vendredi 24 avril 2026, le diplomate José de Jesús Cisneros Chávez, ambassadeur du Mexique accrédité en Haïti, a été l’invité d’honneur du Rectorat de l’Université d’État d’Haiti (RUEH). Cette intervention s’inscrit dans le cadre des Conférences Magistrales lancées le 19 mars dernier.
La conférence, présentée en mode hybride, s’intitulait: “Politiques et Dynamiques migratoires dans les Amériques”.
Présidée par le professeur Waddimir Gustinvil, l’assistance réunissait des membres du Conseil de l’Université, des enseignants, des cadres administratifs, ainsi que de nombreux étudiants et personnalités invitées.
Dans ses propos de bienvenue, le Recteur de l’UEH, Dieuseul Prédélus, a souligné la portée académique et symbolique de cette rencontre. Selon lui, ces conférences visent à instaurer un espace de dialogue essentiel: “C’est un espace délibéré de circulation des idées, un lieu où la pensée se nourrit de la confrontation des expériences, où l’université s’ouvre sur le monde et le monde vient féconder l’université.”
Le Recteur a salué la présence de l’ambassadeur, y voyant le reflet d’une relation fondée sur l’estime mutuelle entre deux nations liées par une histoire commune de résistance, de souveraineté et d’aspiration à la dignité humaine.
Après une présentation du parcours diplomatique du conférencier par le professeur Gustinvil, l’ambassadeur Cisneros Chávez a pris la parole.
Fort de ses expériences passées à Ankara, Nations Unies, il a proposé une analyse fine de la question migratoire, positionnant le Mexique comme un observateur averti et un acteur incontournable.
Le constat de fond est clair: la migration structure simultanément les discours géopolitiques, économiques et culturels des Amériques. Pour le diplomate, il s’agit d’un “phénomène profondément enraciné dans les dynamiques de développement, d’inégalité et d’intégration régionale”.
L’intervention de l’ambassadeur s’est articulée autour de quatre piliers majeurs: Dépassant les approches traditionnelles limitées aux frontières, il a expliqué comment les trajectoires évoluent selon les besoins vitaux des migrants. Les pays de transit deviennent des pays d’accueil, et vice versa. Le pays est aujourd’hui simultanément un lieu d’origine, de transit, de destination et de retour.
Ce statut de “carrefour” est renforcé par la croissance économique de certaines régions mexicaines, modifiant les projets migratoires initiaux.
L’ambassadeur a souligné son impact sur les structures locales mexicaines. Ce flux résulte de restrictions administratives notamment américaines et de facteurs structurels instabilité politique, changement climatique. En réponse, le Mexique a mis en œuvre une politique innovante pour accompagner ces démarches.Tandis que les transferts de fonds vers le Mexique se stabilisent, de nouveaux flux migratoires dynamisent les économies locales dans d’autres régions du continent.
Pour l’ambassadeur, la migration ne doit pas être perçue comme une “anomalie”, mais comme une composante normale des sociétés.
Elle peut être un moteur de développement, à condition de ne pas être instrumentalisée par des discours extrémistes ou surpolitisée.
La conférence s’est conclue par un débat riche sur le droit international et l’impact du changement climatique. En guise de conclusion, Son Excellence a appelé à ce que l’objectif doit être que la migration devienne un choix et non une nécessité imposée par la pauvreté ou la violence.
Marcia MOÏSE moisemarcha@gmail.com

