Josué, adolescent gardien de but, fauché par la violence armée alors qu’il portait encore son uniforme
La FONDAPS (OEF) a annoncé ce samedi 16 mai 2026 la perte tragique de l’un de ses jeunes membres, Josué, gardien de but au sein de l’institution. Le jeune athlète a été mortellement touché lors d’affrontements armés entre des forces de l’ordre et des groupes armés dans la zone de Sarthe, dans la plaine du Cul-de-Sac. Sa disparition brutale a profondément bouleversé sa famille, ses coéquipiers et toute la structure sportive.
Selon les informations communiquées par la FONDAPS, l’adolescent a été atteint par balle alors qu’il portait encore son équipement de football. « Il est parti avec son uniforme sur lui, laissant derrière lui tous ses rêves », a regretté l’institution dans un communiqué, soulignant la douleur et l’injustice de cette perte qui frappe un jeune plein d’avenir. Ce nouveau drame s’inscrit dans un contexte de violences armées persistantes qui continuent de ravager la région métropolitaine.
Selon les derniers rapports du Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH), les affrontements entre groupes armés dans la région de Port-au-Prince, notamment à Cité Soleil et à Croix-des-Bouquets, ont déjà fait au moins 78 morts et 66 blessés depuis le week-end dernier. Les Nations unies précisent également qu’entre le 5 mars et le 11 mai, plus de 300 personnes ont été tuées et près de 280 autres blessées dans les zones affectées par les combats, une grande partie des victimes étant des civils pris au piège des échanges de tirs. Ces chiffres témoignent de l’intensité d’une spirale de violence qui échappe de plus en plus au contrôle des autorités et qui touche indistinctement les populations locales.
Cette escalade a également provoqué une importante crise humanitaire. Les estimations des organisations humanitaires indiquent qu’environ 5 300 personnes ont été contraintes de fuir leurs domiciles dans les zones touchées par les combats, cherchant refuge ailleurs pour échapper aux balles. Toutefois, plusieurs milliers d’habitants restent encore bloqués dans certains quartiers, incapables de se déplacer en raison des tirs nourris. Cette situation aggrave une précarité déjà extrême et plonge de nombreuses familles dans une détresse profonde.
Sur le plan sanitaire, la situation est tout aussi alarmante. Les structures médicales de Cité Soleil ont été fortement affectées, certaines ayant dû suspendre leurs activités ou évacuer leurs patients. L’organisation Médecins Sans Frontières (MSF) a notamment annoncé la suspension de ses interventions dans la zone après avoir pris en charge de nombreux blessés par balles en très peu de temps. D’autres établissements hospitaliers, comme l’hôpital Fontaine, ont dû évacuer en urgence des nouveau-nés et des patients en soins critiques pour les protéger des violences, révélant l’effondrement progressif de l’accès aux soins dans les zones de conflit.
Cette nouvelle flambée de violence survient enfin dans un contexte politique déjà très fragile, où les autorités reconnaissent que les conditions sécuritaires actuelles ne permettent pas la tenue des élections prévues en août prochain. Haïti attend toujours l’organisation d’un scrutin présidentiel depuis près d’une décennie, tandis que la communauté internationale tente de renforcer son appui sécuritaire à travers le déploiement progressif d’une force multinationale. Cependant, avec des moyens encore limités sur le terrain, la population continue de vivre au rythme des fusillades, des déplacements forcés et d’une crise humanitaire qui s’aggrave de jour en jour.

