Savien : un chef de gang fait exécuter l’un de ses hommes sous l’œil des caméras
Une nouvelle démonstration de la violence qui règne dans l’Artibonite a secoué les réseaux sociaux le mardi 28 juillet 2026. Une vidéo devenue virale montre un homme présenté comme Ronaldo, membre du groupe armé Back-Up Bosal, implorant la clémence de ses ravisseurs avant d’être exécuté. Selon les informations disponibles, l’ordre aurait été donné par Luckson Élan, chef du gang Gran Grif, installé à Savien, après que la victime eut tiré des coups de feu en l’air sans autorisation.
Avant son implication présumée dans les activités criminelles, Ronaldo était connu au marché de Petite-Rivière de l’Artibonite où il exerçait comme boucher. Des habitants l’accusaient régulièrement de soustraire une partie de la viande qui lui était confiée. À la suite de la fermeture du marché et du départ des forces de l’ordre, il aurait intégré un groupe armé avant de rejoindre le bastion de Savien lorsque la Police nationale d’Haïti a réinvesti certains secteurs de la commune.
Les images diffusées sur internet montrent le jeune homme à genoux, suppliant pour sa vie devant plusieurs individus lourdement armés. Malgré ses appels à la pitié, son exécution est autorisée sous les yeux des personnes présentes. La scène illustre le pouvoir exercé par les chefs de gangs dans des territoires où ils imposent leurs propres règles et leurs propres sanctions, en dehors de tout cadre légal.
La diffusion de cette vidéo a suscité de nombreuses réactions. Si certains internautes estiment que le sort de la victime est lié à son implication présumée dans des activités criminelles, d’autres dénoncent une inquiétante banalisation de la violence. Pour ces derniers, voir des exécutions filmées et largement partagées sur les réseaux sociaux témoigne d’une dégradation profonde des repères sociaux et du respect de la vie humaine.
Au-delà de l’émotion qu’elle provoque, cette affaire met en évidence l’effacement progressif de l’autorité de l’État dans plusieurs régions du pays. En l’absence d’une présence durable des institutions publiques, des groupes armés continuent d’exercer un contrôle absolu sur certaines localités, imposant leur propre justice par la peur et les armes. Cette nouvelle exécution rappelle l’ampleur du défi sécuritaire auquel Haïti demeure confrontée

