Thursday, August 13, 2026
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Carte Dermalog rejetée hier, indispensable aujourd’hui : Des politiciens se préparent pour les élections avec la carte qu’ils contestaient

Pendant des années, une partie de la classe politique haïtienne a contesté la carte d’identification nationale communément appelée « carte Dermalog ». Aujourd’hui, alors que le pays se prépare à de nouvelles élections, cette même classe politique doit composer avec un système d’identification devenu incontournable dans le processus électoral. Au-delà de la controverse technique ou politique autour de Dermalog, cette situation révèle surtout une question plus profonde : que reste-t-il des convictions de certains dirigeants lorsque se présente l’occasion de conquérir le pouvoir ?

Le problème n’est pas de savoir si un politicien avait raison ou tort de critiquer Dermalog. Une démocratie saine permet de contester un système, un contrat ou une décision de l’État. Le véritable problème apparaît lorsque les principes changent au gré des circonstances. Le Conseil électoral provisoire demande actuellement aux citoyens qui s’inscrivent au registre électoral de se présenter avec une carte d’identification nationale valide. L’ONI, pour sa part, demeure l’institution chargée de l’identification des citoyens et de la délivrance de cette carte. Dès lors, ceux qui ont hier dénoncé ce dispositif doivent aujourd’hui expliquer clairement leur position : le rejettent-ils toujours, ou l’acceptent-ils désormais parce qu’il devient nécessaire à leur participation politique ?

Cette contradiction potentielle dépasse largement la question de la carte. Elle renvoie à une maladie chronique de la politique haïtienne : la difficulté à transformer les discours d’opposition en véritables projets de société. Le CEP a enregistré des centaines de formations politiques en vue des prochaines compétitions électorales. Mais combien d’entre elles présentent à la population un programme précis sur la sécurité, la justice, l’emploi, l’éducation, la santé, l’agriculture, l’énergie ou la reconstruction de l’État ? Combien proposent des objectifs mesurables plutôt que des slogans et des promesses de changement ? À force de réduire la politique à la conquête de postes, le débat public perd son sens et l’électeur devient le spectateur d’une compétition entre ambitions personnelles.

Haïti n’a pas seulement besoin de nouvelles élections. Le pays a besoin d’une nouvelle culture politique. La carte d’identité ne devrait pas être un instrument que l’on condamne lorsqu’on est dans l’opposition et que l’on accepte lorsqu’on aspire au pouvoir. Une position politique sérieuse doit être cohérente, assumée et expliquée à la population.

La question que les électeurs devraient poser à chaque candidat est donc simple : « Qu’allez-vous concrètement changer dans ce pays et comment allez-vous le faire ? » Pas seulement qui soutenez-vous ? Pas seulement quel poste convoitez-vous ? Pas seulement quel adversaire faut-il combattre ? Mais quel projet avez-vous pour Haïti ?

Car si la politique devient uniquement un moyen d’accéder aux privilèges, aux fonctions et aux ressources de l’État, alors les querelles autour de Dermalog ne seront qu’un épisode supplémentaire d’une histoire beaucoup plus grave : celle d’une classe politique qui change parfois de discours plus rapidement que ses ambitions.

Les Haïtiens ne demandent plus seulement des candidats capables de parler. Ils veulent des responsables capables de rendre des comptes. Et cette fois, l’électeur devrait juger les politiciens non seulement sur leurs anciennes déclarations, mais surtout sur la cohérence entre leurs convictions, leurs actes et le projet qu’ils proposent réellement au pays.

pascalfleuristil2018@gmail.com

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Pascal Fleuristil

Je suis Pascal Fleuristil, originaire de l'Arcahaie. J'ai étudié la communication à l'ISNAC. Passionné du journalisme, Je m’intéresse à tous les sujets d'intérêt général.

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