Kenscoff : après le massacre, la PNH change de responsable et relance le débat sur l’efficacité de l’État
Après l’attaque meurtrière survenue à Kenscoff dans la nuit du 23 au 24 août, la Police nationale d’Haïti (PNH) a procédé à un changement à la tête de la juridiction policière de la commune. Le commissaire principal Jean-Pierre Ketler Mariceau a été officiellement installé jeudi 27 août comme nouveau responsable, en remplacement de l’inspecteur Nikenson Cadet. Ce changement intervient alors que la population continue de faire face aux conséquences des violences attribuées à la coalition criminelle « Viv ansanm ».
La cérémonie d’installation a été conduite par le directeur départemental de l’Ouest de la PNH, le commissaire divisionnaire Yvon Cantave, en présence de plusieurs responsables des forces de sécurité. À travers cette nomination, l’institution policière entend ainsi renouveler son dispositif de commandement dans une commune particulièrement affectée par l’insécurité. La gestion de la sécurité sous l’ancien responsable avait notamment suscité des critiques dans le contexte de la dégradation de la situation.
Le bilan humain de l’attaque reste particulièrement lourd, avec plus de 40 personnes tuées selon les informations rapportées après les événements. Les violences ont également provoqué une importante vague de déplacements, obligeant de nombreuses familles à quitter leurs quartiers pour se mettre à l’abri. La tragédie a ainsi aggravé une situation humanitaire déjà fragile dans la commune de Kenscoff.
Dans son rapport publié le 26 août, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) évalue à 2 647 le nombre de personnes déplacées entre le 23 et le 25 août, soit 702 ménages. L’organisation indique que 77 % de ces personnes ont trouvé refuge auprès de familles, principalement à Pétion-Ville. Les 611 autres déplacés ont été orientés vers trois sites d’hébergement, dont deux mis en place après les nouvelles violences.
Mais au-delà de ce changement de responsable, une interrogation demeure : cette nouvelle nomination permettra-t-elle réellement d’obtenir de meilleurs résultats sur le terrain ? Alors que les groupes armés continuent d’étendre leur influence et de multiplier les attaques dans plusieurs régions du pays, les changements de responsables à la tête des structures de sécurité risquent de rester insuffisants s’ils ne s’accompagnent pas d’actions concrètes et durables. Pour une population confrontée quotidiennement à la violence, l’enjeu n’est plus seulement de voir de nouveaux responsables nommés, mais de constater une véritable volonté de l’État d’agir efficacement sur le terrain et de rétablir la sécurité.

