Saturday, August 29, 2026
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Crise haïtienne :Le Dr Beaugé Gregory appelle les élites à remettre le savoir au service de la nation

Alors qu’Haïti fait face à une crise multidimensionnelle qui fragilise ses institutions, son économie et son tissu social, le médecin et vice-président de la Société haïtienne d’obstétrique et de gynécologie Dr Beaugé Gregory, invite à regarder au-delà des responsables habituellement désignés. Dans une réflexion consacrée à « l’intelligence au service de la nation », il interpelle les élites haïtiennes sur leur responsabilité dans la trajectoire du pays et plaide pour une gouvernance davantage fondée sur la connaissance, les faits, l’expertise et l’évaluation des politiques publiques.

La crise haïtienne ne peut, selon cette analyse, être expliquée uniquement par les erreurs des dirigeants politiques, les faiblesses institutionnelles, les difficultés économiques ou les influences extérieures. Le pays dispose d’un important réservoir de compétences, composé notamment d’universitaires, de médecins, d’ingénieurs, de juristes, d’économistes et de chercheurs. Pourtant, cette intelligence collective peine encore à se transformer en décisions publiques capables de produire des résultats durables. Le Dr Beaugé déplore ainsi une culture où les émotions, les intérêts particuliers et les convictions prennent trop souvent le pas sur les données et l’analyse rationnelle.

Pour sortir de cette logique, l’auteur défend une nouvelle manière de concevoir l’action publique. Observer la réalité, établir un diagnostic, analyser les données, prendre une décision, mesurer ses effets puis la corriger si nécessaire : telle devrait être, à ses yeux, la démarche d’un État moderne. La science ne prétend pas résoudre à elle seule les problèmes du pays, mais elle peut fournir les outils nécessaires pour distinguer les faits des perceptions et les solutions éprouvées des promesses sans fondement. Cette exigence concerne autant les responsables politiques que les secteurs économique, universitaire, professionnel et médiatique.

Le message adressé aux intellectuels est particulièrement direct : le savoir ne saurait être réduit à un moyen de réussite individuelle. Il implique également une responsabilité envers la collectivité. Dans cette perspective, l’université et les institutions de recherche doivent participer davantage à l’élaboration des politiques publiques, tandis que les décideurs devraient accorder une place plus importante à l’expertise et à l’évaluation. Le pays aurait ainsi besoin d’une culture politique où la compétence, la preuve et l’intérêt national prennent le dessus sur les réseaux d’influence, les appartenances et les intérêts personnels.

La reconstruction d’Haïti ne se fera donc pas uniquement avec des routes, des bâtiments ou des réformes institutionnelles. Elle exige aussi une transformation de la manière de penser, de décider et d’exercer les responsabilités. En conclusion de sa réflexion, le Dr Beaugé Gregory rappelle une idée qu’il attribue à Albert Einstein : « Qui a le privilège du savoir a le devoir d’agir. » Pour lui, le véritable changement national commence lorsque les détenteurs du savoir, du pouvoir et de la réussite acceptent de mettre leurs compétences au service du bien commun. Car avant de reconstruire un pays, il faut d’abord transformer la culture de ceux qui ont la capacité de le diriger.

pascalfleuristil2018@gmail.com

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Pascal Fleuristil

Je suis Pascal Fleuristil, originaire de l'Arcahaie. J'ai étudié la communication à l'ISNAC. Passionné du journalisme, Je m’intéresse à tous les sujets d'intérêt général.

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