Insécurité: Massacre à Kenscoff, la SOFEHJ appelle à une action humanitaire urgente
“Nous appelons à la mise en place immédiate d’un dispositif humanitaire consistant, cohérent et coordonné en faveur des femmes et des filles de la commune de Kenscoff, prises au piège de la violence aveugle des gangs armés”.
C’est le cri de détresse lancé par la Solidarité des Femmes Haïtiennes Journalistes (SOFEHJ) dans une note de presse transmise à la rédaction d’Impulse WebMédia (IWM) et signée par sa coordonatrice, la journaliste Martine Isaac, le 30 août 2026.
”En tant que journalistes et travailleuses des médias, nos micros et nos carnets de notes recueillent chaque jour les échos d’une tragédie humaine indicible. Kenscoff, autrefois havre de paix et grenier maraîcher de la capitale, est aujourd’hui le théâtre d’incursions armées violentes et subit un afflux massif de familles déplacées”, déplore l’organisation, tout en exprimant son indignation face à la détresse et à l’humiliation des habitants.
Dans ce chaos, les femmes et les filles paient le plus lourd tribut: viols utilisés comme armes de guerre, pertes de leurs moyens de subsistance et réponses actuelles nettement insuffisantes.
Face à cette situation intolérable, la SOFEHJ déclare refuser de se cantonner au simple rôle de témoin. L’heure n’est plus seulement aux constats, mais à l’action d’urgence, rappelle-t-elle à l’attention des autorités.
Dans ce contexte sécuritaire critique, la structure regroupant les femmes journalistes exige la mise en place de trois piliers humanitaires prioritaires. Patmi dautres: Un soutien psychosocial et clinique d’urgence, la création d’espaces sûrs et de cliniques mobiles à Kenscoff pour libérer la parole, soigner les traumatismes invisibles et accompagner dignement les survivantes de violences basées sur le genre (VBG).
Une protection matérielle et sanitaire immédiate, la distribution systématique de kits d’hygiène et de dignité, essentiels pour garantir un minimum de sécurité et de décence aux femmes et filles déplacées.
Une relance économique par le “Cash Transfer”: Un appui financier direct et sans intermédiaire pour recapitaliser les micro-commerces des femmes chefs de ménage et des Madan Sara, piliers de l’économie locale et de la survie des familles.
La SOFEHJ rappelle que la réponse à cette crise ne peut être fragmentée. Elle doit être consistante par le volume des ressources engagées et cohérente en plaçant la protection et la dignité des femmes au cœur de toutes les interventions.
”Nous interpellons directement les agences du Système des Nations Unies (ONU Femmes, UNICEF, PAM), les organisations non gouvernementales internationales, ainsi que les autorités étatiques pour que le cri des femmes de Kenscoff soit enfin entendu et suivi d’actes concrets”, conclut la structure de dix-huit ans dirigée par la journaliste Martine Isaac.
Marcia MOÏSE
moisemarcha@gmail.com

