Expulsé des États-Unis, Renan Hédouville figure parmi les 78 Haïtiens rapatriés au Cap-Haïtien
Les autorités américaines ont procédé, jeudi 3 septembre 2026, à l’expulsion de 78 ressortissants haïtiens vers Haïti. Les personnes expulsées ont voyagé à bord d’un vol charter de Global X ICE Air, parti de Louisiane, avec une escale dans la région de Miami, avant d’atterrir au Cap-Haïtien.
Parmi les passagers se trouvait Renan Hédouville, ancien responsable de l’Office de la protection du citoyen (OPC). Arrêté le 25 août dernier à Montgomery, dans l’État de l’Alabama, par les services américains de l’immigration, l’avocat et défenseur des droits humains avait par la suite demandé à retourner volontairement en Haïti.
Son retour intervient alors qu’il fait l’objet de recherches de la part des autorités haïtiennes dans le cadre d’une enquête portant sur des faits présumés de corruption liés à sa gestion de l’OPC entre 2019 et 2024. L’Unité de lutte contre la corruption (ULCC) lui reproche notamment d’avoir perçu plus de 127 000 dollars pour des missions et des billets d’avion considérés comme fictifs par les enquêteurs.
Renan Hédouville est également soupçonné d’avoir effectué des versements d’argent en faveur de sa fille et de son ancien gendre, tous deux employés à l’OPC. Selon les éléments rapportés dans le cadre de l’enquête, il aurait refusé de coopérer avec les enquêteurs et avait lui-même saisi la justice contre l’ULCC afin de contester la procédure engagée à son encontre. Un mandat d’arrêt avait ensuite été émis contre lui par la police judiciaire.
L’expulsion de ce jeudi constitue le troisième vol de ce type à destination d’Haïti en l’espace de trois semaines, dans un contexte marqué par la décision de la Cour suprême américaine autorisant l’administration Trump à mettre fin au statut de protection temporaire (TPS) accordé à plus de 300 000 Haïtiens. Cette nouvelle vague de retours intervient alors que la situation sécuritaire, sociale et économique demeure particulièrement préoccupante dans le pays.
Selon les informations rapportées par le Miami Herald, l’Organisation des Nations unies estime que près de 200 000 personnes ont été expulsées vers Haïti au cours des huit premiers mois de 2026. Parallèlement, les Bahamas ont annoncé avoir intercepté une embarcation transportant des migrants haïtiens, lesquels doivent également être rapatriés vers Haïti.

