Wednesday, September 16, 2026
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Haïti lance le Fonds pour les dividendes de la paix sur fond de montée en puissance des gangs

Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a procédé, lundi 14 septembre 2026, au lancement officiel du Fonds pour les dividendes de la paix en Haïti (FDPH), lors d’une cérémonie organisée à la Villa d’Accueil, à Port-au-Prince. Cette initiative, mise en place en partenariat avec le système des Nations unies, vise notamment à soutenir les efforts de désarmement, de démantèlement des groupes armés et de réinsertion des personnes affectées par la violence.

La cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs membres du gouvernement, de l’ambassadeur de France en Haïti, Gautier Lekens, du représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies et chef du BINUH, Carlos Ruiz Massieu, ainsi que de représentants de la Force de répression des gangs (FRG) et de la Commission nationale de désarmement, démantèlement et de réinsertion (CNDDR).

Dans son discours, Alix Didier Fils-Aimé a réaffirmé la volonté de son administration de créer les conditions nécessaires au rétablissement de la paix et de la sécurité dans le pays. Il a également salué la résilience de la population haïtienne face à la crise sécuritaire. Le FDPH repose sur trois principaux axes : le désarmement, le démantèlement, ainsi que la réinsertion et la réduction des violences communautaires.

Le chef du gouvernement présente ce mécanisme comme une réponse structurelle aux défis sécuritaires auxquels le pays est confronté. Il l’a également qualifié de « partenariat historique » entre Haïti et les Nations unies, destiné à répondre à une exigence morale. Il a par ailleurs salué l’appui des partenaires internationaux, considérant leurs contributions comme un investissement dans la sécurité d’Haïti et dans celle de la région caraïbe.

Le gouvernement entend également renforcer son accompagnement à la CNDDR afin de lui permettre de poursuivre sa mission et de contribuer au rétablissement de l’espoir au sein des familles victimes de l’insécurité. Mais derrière les annonces officielles et les mécanismes destinés à favoriser le désarmement, la réalité sur le terrain demeure particulièrement préoccupante : les groupes armés continuent de consolider leur emprise sur plusieurs territoires, tandis que leur capacité d’action semble loin d’être neutralisée.

Plus inquiétant encore, alors que l’État annonce un fonds destiné à favoriser le désarmement, plusieurs groupes armés seraient engagés depuis quelque temps dans la formation d’unités spécialisées au sein de leurs propres structures. Cette évolution donne l’image d’une criminalité qui ne se contente plus de maintenir ses positions, mais qui cherche à renforcer son organisation et ses capacités opérationnelles. Entre la promesse institutionnelle d’un « dividende de la paix » et la réalité d’un terrain où les gangs paraissent gagner en assurance, le fossé reste considérable.

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Miracson Mondesir

Miracson Mondesir, originaire de Mirebalais, est un journaliste professionnel. Rédacteur polyvalent, ayant la capacité de traiter plusieurs sujets avec succès notamment la politique et la culture. Il pratique le journalisme pour être utile à sa communauté.

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