Haïti-Journée nationale des femmes : la PNH réfléchit à la masculinité positive pour une police plus équilibrée
À l’occasion de la Journée nationale du mouvement des femmes en Haïti, la Coordination Nationale des Affaires Féminines et aux Questions de Genre (CNAFQG) de la Police Nationale d’Haïti (PNH) a organisé, le mardi 15 avril 2025, une importante journée de sensibilisation à l’hôtel Kinanm 2, à Pétion-Ville. Cette activité, axée sur le thème « La masculinité positive : une nécessité pour un corps de police équilibré en Haïti », visait à repenser les rapports de genre au sein de l’institution policière.
Une mobilisation de haut niveau
La cérémonie s’est tenue en présence de personnalités de premier plan telles que l’ambassadeur du Canada en Haïti, André François Giroux, l’inspecteur général Smith Péyo, directeur de cabinet du DG a.i. de la PNH, la ministre à la Condition Féminine et aux Droits des Femmes, Mme Pedrica Saint-Jean, ainsi que plusieurs magistrats et responsables d’organismes publics.
Vers une meilleure représentation des femmes.
Dans son allocution, la commissaire divisionnaire Marie Jeannette Bateau Salomon, coordinatrice de la CNAFQG, a rappelé la mission de la structure qu’elle dirige : œuvrer pour un meilleur équilibre des genres au sein de la PNH. Elle a souligné l’importance d’augmenter la présence des femmes dans les postes de commandement, non seulement pour des raisons d’égalité, mais aussi pour renforcer la qualité et l’humanité de l’institution policière dans un contexte national particulièrement tendu.
Le soutien international et l’appel à l’égalité
L’ambassadeur du Canada a mis en avant l’importance d’une approche inclusive, rappelant que « le rôle des femmes est crucial pour une société en paix ». La ministre Pedrica Saint-Jean a, quant à elle, plaidé pour une véritable participation des femmes dans les dynamiques sécuritaires du pays, affirmant que « le collègue policier doit promouvoir le développement de la collègue policière ».
Une reconnaissance symbolique
La journée s’est conclue par une remise de certificats d’honneur et mérite à plusieurs policiers et policières pour leur contribution à la cause de l’égalité des sexes au sein de la PNH depuis plus de 20 ans. Un geste hautement symbolique qui souligne la continuité des efforts et l’importance de la reconnaissance institutionnelle.
Un pas nécessaire, mais insuffisant ?
Si cette initiative marque un progrès dans l’approche genre des institutions haïtiennes, elle intervient dans un contexte où les violences faites aux femmes, y compris par des agents de l’État, continuent de susciter l’indignation. La PNH, malgré ses efforts, doit aller au-delà de la sensibilisation pour intégrer concrètement l’égalité de genre dans ses pratiques quotidiennes, ses recrutements, ses formations et ses mécanismes disciplinaires.
Le défi reste immense, mais des journées comme celle du 15 avril rappellent que le changement, bien qu’inégal, est en cours. À condition que la volonté affichée se traduise par des politiques concrètes, mesurables et durables.
Roubens Vil
vilroubens1@gmail.com

