Wednesday, March 18, 2026
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Haïti–France : Une commission pour réparer deux siècles d’injustice historique

Ce 17 avril 2025 marque un tournant dans les relations franco-haïtiennes. Deux siècles après la reconnaissance de l’indépendance d’Haïti et l’imposition de la controversée indemnité de 1825, la France, par la voix du président Emmanuel Macron, reconnaît enfin l’injustice historique subie par le peuple haïtien. Une commission mixte d’historiens est créée pour revisiter ce passé douloureux et proposer les bases d’un avenir plus équitable.

C’est dans un contexte hautement symbolique que le président Emmanuel Macron a choisi de s’exprimer : le bicentenaire de la reconnaissance de l’indépendance d’Haïti par la France. Dans un discours empreint de gravité et d’espoir, il a reconnu le caractère injuste de l’indemnité de 150 millions de francs-or exigée en 1825 par le roi Charles X — une dette imposée à la première République noire en échange de la reconnaissance de sa souveraineté, après une révolution victorieuse contre l’esclavage et la colonisation.

Pour traduire cette reconnaissance en action, une commission mixte composée d’historiens haïtiens et français a été mise en place. Co-présidée par Yves Saint-Geours, diplomate français, et Gusti-Klara Gaillard Pourchet, historienne haïtienne, cette instance aura pour mission d’examiner en profondeur les relations entre les deux pays, en mettant un accent particulier sur les conséquences sociales, économiques et symboliques de l’indemnité de 1825. Une démarche inédite, qui entend associer mémoire, rigueur scientifique et engagement politique.

La création de cette commission s’inscrit dans une volonté affichée de vérité et de réconciliation. Au-delà de l’analyse historique, elle vise à explorer les représentations croisées de cet épisode dans les mémoires collectives haïtienne et française. En d’autres termes, il ne s’agit pas seulement de faire l’inventaire du passé, mais aussi de comprendre comment il continue de façonner le présent, et pourquoi il est urgent d’ouvrir une nouvelle page dans les relations entre les deux nations.

Si les attentes sont grandes du côté haïtien, notamment autour d’un possible geste de réparation ou de compensation, les contours exacts des recommandations à venir restent à définir. Toutefois, l’initiative ouvre une brèche dans un silence diplomatique longtemps pesant. Elle pourrait bien amorcer une dynamique nouvelle, fondée sur le respect mutuel, la solidarité concrète et la reconnaissance des responsabilités historiques.

Haïti n’a jamais cessé de réclamer justice pour l’humiliation économique de 1825. Deux cents ans plus tard, la France semble enfin prête à écouter. Reste à savoir si cette commission sera une simple page d’histoire ou le premier chapitre d’un véritable renouveau.

pascalfleuristil2018@gmail.com

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Pascal Fleuristil

Je suis Pascal Fleuristil, originaire de l'Arcahaie. J'ai étudié la communication à l'ISNAC. Passionné du journalisme, Je m’intéresse à tous les sujets d'intérêt général.