Saison cyclonique 2025 : Un plan gouvernemental ambitieux, mais les citoyens attendent des actions concrètes
Port-au-Prince, 17 avril 2025 – Le gouvernement haïtien, par l’intermédiaire du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, a lancé jeudi le dispositif national anti-cyclonique lors de la première réunion du Comité national de gestion des risques de désastre. Une initiative saluée sur le papier, mais qui laisse sceptique une large frange de la population, habituée aux promesses sans suite et aux dispositifs qui peinent à être appliqués sur le terrain.
Un plan d’urgence bien structuré, mais…
Le Plan national de réponse cyclonique 2025, présenté par la Direction générale de la Protection civile, repose sur trois axes : prévention, protection des plus vulnérables, et intervention coordonnée. Sur le papier, la stratégie semble solide. Mais dans un pays où les abris d’urgence sont souvent insuffisants, où les alertes n’atteignent pas toujours les zones rurales et où les déplacés vivent depuis des mois dans des conditions inhumaines, les citoyens attendent plus que des mots : ils veulent des résultats concrets.
Des structures fragiles face à une menace réelle
Malgré les annonces, le constat reste inquiétant : peu d’abris sont réellement prêts, les réseaux de communication restent défaillants dans de nombreuses zones reculées, et les mécanismes de coordination entre les institutions sont souvent paralysés par les lourdeurs administratives.
Le gouvernement parle d’une mobilisation logistique et humaine à l’échelle nationale, mais aucune garantie n’a été donnée sur les ressources effectivement disponibles. L’ombre du sous-financement plane toujours sur la gestion des désastres, dans un contexte d’instabilité chronique.
Une population en attente de preuves
Le Premier ministre a déclaré vouloir protéger chaque citoyen, mais la population reste sur ses gardes. Les déplacés internes, les riverains des zones à risque, les agriculteurs qui perdent leurs récoltes à chaque intempérie : tous demandent une prise en charge réelle, pas des réunions en grande pompe.
Les attentes sont claires :
– Des abris accessibles, sûrs et dignes ;
– Une communication claire et anticipée avant chaque alerte ;
– Des interventions rapides, y compris dans les zones enclavées ;
– Et surtout, la transparence sur les fonds alloués à la gestion des risques.
Et après ?
Le gouvernement a annoncé des exercices de simulation, des campagnes d’information et un suivi régulier. Mais tant que la population ne verra pas d’amélioration tangible dans sa sécurité et ses conditions de vie, la méfiance persistera.
Haïti ne peut plus se permettre un énième plan resté lettre morte. À un mois et deux semaines du début de la saison cyclonique, l’urgence est réelle. Il est temps de passer des promesses aux actes.
Roubens Vil
vilroubens1@gmail.com

