Haïti-Éducation : Le CFEF, symbole d’un système éducatif en dérive et d’une gouvernance opaque
Depuis sa création en 1999, le Centre de Formation pour l’École Fondamentale (CFEF) avait pour vocation de former gratuitement des enseignants pour le système éducatif public haïtien. Cependant, depuis l’arrivée à sa tête de Jacques Ronald Jean et Délanaud Alfred en 2022, l’institution semble s’éloigner de sa mission initiale, suscitant l’indignation croissante des étudiants.
Des frais illégaux imposés aux étudiants
Les étudiants dénoncent l’instauration de frais jugés illégaux et excessifs. Alors que le décret ministériel de 1999 garantit la gratuité de la formation, les apprenants sont désormais contraints de verser 3 000 gourdes par an pour des « cotisations », 5 000 gourdes pour la lecture des rapports de stage, et jusqu’à 1 000 gourdes pour l’obtention d’attestations ou de relevés de notes. Ces montants, considérés comme exorbitants, sont perçus comme une tentative de privatisation déguisée de l’institution, excluant de facto les jeunes issus des quartiers populaires.
Une gestion financière opaque.
Au-delà des frais imposés, des étudiants pointent du doigt une gestion financière opaque. Les paiements s’effectueraient via des canaux informels, notamment par Mon Cash, directement sur le compte personnel de l’un des directeurs, sans émission de reçus ni traçabilité administrative. Cette pratique soulève de graves questions sur la transparence et la légalité de la gestion des fonds publics au sein du CFEF.
Des pratiques autoritaires et intimidantes
Les étudiants rapportent également des pratiques autoritaires visant à museler toute contestation. La publication des résultats du concours d’intégration serait entachée d’opacité, renforçant les soupçons de favoritisme. Des mécanismes de répression et de pression seraient mis en place pour étouffer toute voix dissidente, instaurant un climat de peur au sein de l’institution.
Un système éducatif gangrené par la corruption
Le cas du CFEF n’est pas isolé. Plusieurs établissements publics en Haïti imposent des frais illégaux aux parents, dépassant souvent la capacité financière des familles à faibles revenus. Cette tendance généralisée à la surfacturation, combinée à une absence de régulation et de sanctions, témoigne d’un système éducatif gangrené par la corruption et l’impunité.
Appel à l’action.
Face à cette situation alarmante, il est impératif que les autorités compétentes, notamment le Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP), prennent des mesures concrètes pour rétablir la légalité et la transparence au sein du CFEF. Il en va de l’avenir de l’éducation en Haïti et du respect des droits fondamentaux des étudiants.
Les étudiants du CFEF, en dénonçant ces dérives, lancent un cri d’alarme. Il est temps que les responsables entendent leur voix et agissent en conséquence pour restaurer l’intégrité de l’institution et garantir un accès équitable à une éducation de qualité pour tous.

