Thursday, March 19, 2026
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Arcahaie: Le 222e anniversaire du Drapeau haïtien ravive les mémoires et appelle à la responsabilité nationale

La ville de l’Arcahaie, berceau du drapeau haïtien, a marqué avec émotion et engagement le 222e anniversaire de cet emblème national. À travers une série de discours percutants, autorités locales, représentants de l’État et figures religieuses ont dénoncé le déplacement de la célébration vers le Cap-Haïtien, y voyant un affront à l’histoire nationale. L’événement fut aussi l’occasion d’un vibrant appel à l’unité, à la mémoire des ancêtres et à la reconstruction démocratique d’Haïti.

C’est dans une atmosphère empreinte de solennité que les festivités du 18 mai ont débuté à l’Arcahaie, par le traditionnel Te Deum célébré en l’église paroissiale Saint-Pierre. Dans son homélie, le curé Jean François Tristant a rappelé le profond symbolisme du drapeau national, créé dans un esprit d’unité par les ancêtres haïtiens. Selon lui, dans un contexte national dominé par l’insécurité et la fragmentation, le drapeau demeure le fil conducteur capable de rassembler la nation. Il a exhorté les fidèles à renouer avec l’héritage de Dessalines et de Catherine Flon, dont les actes fondateurs résonnent toujours avec force dans l’histoire collective.

Les interventions qui ont suivi ont renforcé cette exigence de fidélité historique. Jean Edner, président de la commission municipale, n’a pas mâché ses mots pour critiquer la décision de célébrer la fête nationale à Cap-Haïtien, dénonçant une « trahison mémorielle » et un mépris envers la ville fondatrice du drapeau. Il a appelé les autorités de l’État à cesser de « cracher sur l’histoire » et à ne plus commettre cette erreur symbolique. Pour sa part, le maire intérimaire du site historique, M. Gilles, a rappelé aux membres du Conseil présidentiel de transition leur obligation de produire des résultats concrets, plutôt que de nourrir les Haïtiens d’illusions.

Dans le même esprit, Jean Rodrigue Paul, vice-délégué de l’arrondissement de l’Arcahaie, a souligné l’importance de réhabiliter les figures héroïques comme Dessalines et Catherine Flon dans la conscience nationale. Il a plaidé pour un nouveau congrès à l’Arcahaie, comme celui de 1803, afin de redéfinir un projet national à travers un référendum et des élections crédibles. Jean Renel, coordonnateur du district scolaire, a de son côté insisté sur le caractère non négociable de la célébration du drapeau dans sa ville d’origine. Il a rappelé qu’Arcahaie célèbre cette fête depuis 1921, et qu’en détourner la mémoire, c’est bafouer l’héritage des fondateurs.

Dans un pays meurtri par la crise politique et la violence, l’Arcahaie s’érige une fois de plus comme le phare de la conscience historique et patriotique. Cette commémoration du drapeau n’a pas seulement ravivé un passé glorieux, elle a lancé un cri d’alarme : Haïti ne peut se reconstruire sans respect de sa mémoire, sans unité, et sans une gouvernance centrée sur le peuple.

pascalfleuristil2018@gmail.com

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Pascal Fleuristil

Je suis Pascal Fleuristil, originaire de l'Arcahaie. J'ai étudié la communication à l'ISNAC. Passionné du journalisme, Je m’intéresse à tous les sujets d'intérêt général.