L’Argentine claque la porte de l’OMS : Milei poursuit sa révolution sanitaire à l’américaine
L’Argentine a officiellement confirmé son retrait de l’Organisation mondiale de la Santé, une décision choc annoncée le 26 mai par son ministre de la Santé Mario Lugones, à l’issue d’une rencontre avec Robert Kennedy Jr. À Buenos Aires, cette rupture marque une étape supplémentaire dans l’alignement stratégique du président Javier Milei avec l’agenda politique et idéologique de Donald Trump. Santé, diplomatie, immigration : le cap est clair, et les symboles forts.
Le divorce est consommé. En claquant la porte de l’OMS, l’Argentine de Javier Milei renonce à des décennies de coopération sanitaire internationale. Pour son gouvernement, les recommandations de l’agence onusienne sont devenues “obsolètes, politisées et inefficaces”. Une position assumée sans ambages par le président argentin, qui reproche à l’OMS sa gestion de la crise du Covid-19, qualifiée de “préhistorique”, et dont il souhaite tourner la page avec fracas. L’alternative ? Une refondation des politiques de santé inspirée des États-Unis de Trump, où la méfiance envers les institutions mondiales devient doctrine.
C’est dans ce contexte que Robert Kennedy Jr, actuel secrétaire d’État américain à la Santé et figure controversée du mouvement anti-vaccin, a été reçu en grande pompe à Buenos Aires. Sa visite a permis d’entériner un “agenda commun” avec l’Argentine, misant sur plus de transparence, une réforme des processus de fabrication des vaccins et une défiance affichée envers les lobbies pharmaceutiques et l’influence chinoise. Dans un message vidéo diffusé lors de l’Assemblée mondiale de la santé, Kennedy a invité les pays à “reprendre leur souveraineté sanitaire”, une rhétorique qui trouve un écho puissant chez Javier Milei.
Mais au-delà du symbole, cette sortie soulève de vives inquiétudes. Médecins, ONG et experts dénoncent une décision précipitée, au risque d’isoler davantage un système de santé déjà fragile. Les financements, la coordination en cas d’épidémie, l’accès aux médicaments essentiels : tous ces leviers pourraient être compromis. Pour Milei, toutefois, il s’agit d’un acte fondateur. Quitter l’OMS, c’est, selon lui, reprendre le contrôle, libérer l’Argentine des “carcans globalistes” et inscrire son mandat dans une logique de rupture totale avec le passé.
Si l’histoire jugera l’efficacité de cette stratégie, une chose est sûre : en matière de santé comme en politique, l’Argentine version Milei préfère la rupture au compromis — quitte à naviguer seule, à contre-courant, sur les flots incertains de l’après-monde.
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