Crise du transport aérien en Haïti: explication d’une hausse inévitable
Alors que les compagnies aériennes s’efforcent de relancer les liaisons intérieures en Haïti, la reprise des vols réguliers reste conditionnée à des exigences réglementaires strictes. En effet, un accord est indispensable pour garantir les montants d’indemnisation requis par les normes locales et internationales, telles que celles de l’OFNAC (Office National de l’Aviation Civile) et de l’OACI (Organisation de l’Aviation Civile Internationale). Ces protections visent à assurer la sécurité et les droits des passagers en cas d’incidents, indique la compagnie SUNRISE Airways dans un communiqué publié ce lundi 16 juin.
Cependant, la reprise se heurte à une réalité économique complexe. Le prix des billets a considérablement augmenté, ce qui suscite l’incompréhension de nombreux passagers. Cette hausse s’explique par une accumulation de coûts d’exploitation : location des appareils, salaires des équipages, maintenance, assurances, carburant, hébergement du personnel, relocalisation au Cap-Haïtien, et frais logistiques aggravés par la fermeture prolongée de la frontière dominicaine. À cela s’ajoutent les primes d’assurance classant Haïti parmi les zones les plus à risque au monde, et l’absence d’aides publiques ou de subventions.
De plus, les vols de courte distance, comme ceux reliant Port-au-Prince à certaines villes de province, sont paradoxalement plus coûteux à l’unité. Les petits avions utilisés ont peu de sièges, ce qui rend chaque billet plus cher, fait savoir la compagnie souligant que ces appareils consomment également plus de carburant pendant les phases de décollage et d’atterrissage. En outre, la chaleur ambiante et les vents contraires augmentent encore la consommation. Enfin, la fréquence élevée des cycles de vol accélère l’usure des pièces, augmentant les coûts de maintenance.
Dans ce contexte hostile, des compagnies comme Sunrise Airways poursuivent leurs opérations malgré des risques logistiques, financiers et humains quotidiens. La relance du transport aérien national dépendra donc de l’équilibre fragile entre sécurité, viabilité économique et accessibilité pour les usagers.

