VIH : Les États-Unis approuvent Yeztugo, une injection biannuelle qui pourrait bouleverser la prévention mondiale
Une nouvelle étape historique vient d’être franchie dans la lutte contre le VIH. Les autorités américaines ont donné leur feu vert à Yeztugo, un traitement préventif innovant mis au point par Gilead. Cette avancée, qui se présente sous forme d’une injection tous les six mois, ouvre la voie à une protection plus simple, plus efficace — mais aussi potentiellement inaccessible pour une grande partie du globe.
L’annonce, faite mercredi 18 juin par le laboratoire Gilead, marque un tournant dans la stratégie mondiale de prophylaxie pré-exposition (PrEP). Contrairement aux traitements actuels qui exigent une prise quotidienne ou, plus récemment, une injection tous les deux mois (comme Apretude, autorisé en 2021), Yeztugo ne nécessite que deux administrations par an. Ce protocole pourrait considérablement alléger la charge mentale et logistique des personnes exposées au risque de contamination, selon les experts interrogés par l’AFP.
Développé à partir du lenacapavir, un antiviral déjà utilisé dans le traitement du VIH chez les patients infectés —, Yeztugo bénéficie de plusieurs années de recherche et de tests cliniques prometteurs. Gilead affirme que ce nouveau traitement sera disponible pour les adultes et adolescents de plus de 35 kg souhaitant accéder à la PrEP. « C’est un jour historique », a déclaré Daniel O’Day, PDG de Gilead, dans un communiqué, saluant une « avancée majeure dans la prévention du VIH ».
Mais cette innovation soulève aussi de vives inquiétudes, notamment autour de son prix. Bien que Gilead n’ait pas encore communiqué officiellement son coût, des estimations évoquent un tarif avoisinant les 25 000 dollars par an aux États-Unis. Pour Winnie Byanyima, directrice exécutive de l’Onusida, ce traitement pourrait être « un outil miracle » si son déploiement était global, équitable et rapide. Elle plaide pour des licences de fabrication générique afin d’assurer son accessibilité dans les pays à faibles revenus.
Alors que la science semble enfin en mesure de proposer des solutions durables contre la propagation du VIH, la question de l’équité mondiale dans l’accès aux traitements reste plus brûlante que jamais. Selon l’AFP, le défi n’est plus tant médical que politique : permettre à cette révolution de ne pas être un luxe réservé aux pays riches.
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