Haïti : Le pouvoir de transition favorise les élites économiques et les gangs, selon Enomy Germain
Alors que le Conseil présidentiel de transition (CPT) s’apprête à changer de leadership en août prochain, l’économiste Enomy Germain tire la sonnette d’alarme. Dans une analyse percutante accordée à Métronome, il accuse le pouvoir exécutif et le secteur privé d’aggraver la mainmise sur l’État haïtien, au détriment de la population.
L’arrivée annoncée de Laurent Saint-Cyr à la tête du CPT symboliserait, selon lui, un nouveau palier dans « la capture de l’État » par les élites économiques, au moment où les gangs armés imposent leur loi sur les routes et profitent indirectement des intérêts partagés avec certains acteurs puissants.
Pour Enomy Germain, les 14 mois d’exercice du CPT et les six mois d’Alix Didier Fils-Aimé à la Primature n’ont en rien contribué à améliorer le quotidien des Haïtiens. Bien au contraire, ils auraient renforcé les liens douteux entre les milieux d’affaires, l’exécutif et les groupes armés. Les gangs, qui rançonnent les camions du secteur privé et terrorisent les citoyens, semblent faire partie d’une mécanique de pouvoir où chacun tire profit… sauf le peuple. L’économiste dénonce aussi le maintien de privilèges économiques à travers une stratégie étatique qui continue de favoriser les monopoles.
Pendant que les élites économiques consolident leur pouvoir et que les politiciens s’enrichissent dans l’ombre, les familles haïtiennes vivent dans la peur, l’insécurité et la misère. Pour Enomy Germain, cette transition n’aura été qu’un théâtre où le peuple reste exclu du jeu.
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