Mondial 2026 : Haïti face au défi de jouer «à domicile» en exil
Alors que les éliminatoires de la Coupe du Monde 2026 reprennent en septembre, l’équipe nationale haïtienne est plongée dans l’incertitude. Faute d’un stade homologué et sécurisé, la sélection ne sait toujours pas où elle pourra accueillir ses matchs à domicile. Une situation qui met à nu l’inertie des autorités haïtiennes et l’errance de la Fédération Haïtienne de Football (FHF).
Placée dans un groupe relevé avec le Costa Rica, le Honduras et le Nicaragua, Haïti doit entamer la dernière phase des éliminatoires en recevant le Honduras lors de la première journée. Pourtant, à deux mois de ce rendez-vous crucial, aucun stade sur le territoire national ne peut accueillir un match international. Le Stade Sylvio Cator, principal complexe sportif de la capitale, est hors d’usage et situé en pleine zone de conflit armé. Le pouvoir en place, absorbé par des luttes d’influence et incapable de rétablir un minimum de sécurité dans la zone métropolitaine, semble indifférent au sort du football national, pourtant l’un des rares vecteurs d’unité dans le pays.
La Fédération Haïtienne de Football, de son côté, brille par son immobilisme et son manque de vision. Depuis des années, aucun plan d’infrastructure durable, aucun investissement sérieux dans les infrastructures sportives. Haïti reste engluée dans des improvisations à répétition. Les joueurs évoluant à l’étranger, pilier de cette sélection, risquent de payer le prix fort de ce désordre structurel et institutionnel.
Ce flou logistique a également un impact sur la préparation de l’équipe nationale, qui peine à se réunir dans des conditions décentes. L’absence d’un lieu de rassemblement fixe, d’un calendrier clair et de garanties sur la sécurité sportive mine le moral des troupes. Dans ce contexte, espérer une qualification devient un exploit presque utopique, face à des adversaires mieux organisés, mieux préparés, et soutenus par des fédérations proactives.
À l’approche d’un moment clé pour le football haïtien, le silence coupable du gouvernement et l’improvisation chronique de la FHF trahissent une fois de plus l’abandon du sport national. Sans stade, sans stratégie et sans volonté politique, Haïti joue déjà en position de hors-jeu.
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