Liancourt ensanglantée : Des millions décaissés, des policiers abandonnés
Au moins trois policiers sont tombés à Liancourt mardi 22 juillet 2025, après des heures d’appels restés sans réponse. Une tragédie de plus qui soulève des questions graves sur la gestion des ressources sécuritaires. Pourtant, l’État haïtien affirme avoir débloqué plus de 177 millions de gourdes pour renforcer les opérations anti-gangs. Où sont donc passés les renforts ?
Alors que les tirs résonnaient dans la commune de Liancourt, les agents de la Police nationale d’Haïti appelaient désespérément à l’aide. En vain. Ce n’est qu’après plusieurs heures que la nouvelle est tombée : au moins trois d’entre eux ont été abattus, un blindé incendié. Une scène d’horreur qui aurait pu être évitée si les renforts avaient été déployés à temps. Pourtant, à peine quatre jours plus tôt, une lettre officielle du ministère de l’Économie et des Finances faisait état d’un décaissement de 177 130 000 gourdes pour soutenir les opérations de sécurité publique dans le pays.
Dans un contexte où l’insécurité s’est muée en gouvernance parallèle, cette somme impressionnante aurait dû se traduire par une mobilisation rapide, des équipements fonctionnels, des interventions coordonnées. Mais il n’en fut rien. Les blindés restent en panne, les unités tactiques désorganisées, et les responsables muets. L’État semble s’accommoder à cette impuissance chronique, pendant que les agents en première ligne deviennent les martyrs silencieux d’une machine institutionnelle en panne totale de commandement et de redevabilité.
À quoi bon débloquer des millions si les agents sont envoyés sur le front sans appui, ni couverture, ni issue ? Chaque policier abandonné dans les flammes de Liancourt est un acte d’accusation contre un système complice, où la vie humaine ne pèse rien face à l’inertie bureaucratique. L’heure n’est plus aux slogans ni aux fausses promesses : il faut des têtes, des comptes, et une rupture claire avec cette gestion criminellement passive. Sinon, demain encore, d’autres policiers tomberont – et les mêmes silences s’abattront.
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