Thursday, March 19, 2026
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Moïse Jean-Charles : L’errance politique d’un éternel insatisfait

En moins de deux ans, l’ancien sénateur Moïse Jean-Charles a enchaîné trois alliances politiques, toutes aussi fragiles qu’éphémères. Derrière ce ballet d’accords sans lendemain, se dessine le portrait d’un homme politique en quête de centralité, mais toujours à la marge.

Moïse Jean-Charles, jadis figure de proue du radicalisme populaire et chantre de la souveraineté nationale, semble aujourd’hui errer d’un camp à l’autre comme un acteur sans scène fixe( Abolotcho). D’alliances improvisées en ruptures mal digérées, l’ancien maire de Milot peine à incarner une ligne politique lisible, encore moins crédible. Sa stratégie ? Multiplier les fronts, quitte à s’allier avec ses anciens adversaires. Son objectif ? Un pouvoir qu’il ne sait ni définir, ni bâtir. Résultat : un parcours ponctué d’échecs bruyants et d’annonces sans lendemain.

Sa proximité affichée avec Guy Philippe, personnage controversé au passé lourdement chargé, a surpris même ses plus fidèles partisans. Ensemble, ils ont tenté de marginaliser les démarches internationales, dans un esprit pseudo-nationaliste. Pourtant, à peine quelques jours après cette posture “souverainiste”, Moïse envoie discrètement un représentant au Conseil Présidentiel de Transition (#CPT). Le discours ne suit pas l’action ; la ligne politique devient zigzagante.

Dans un second temps, l’ex-sénateur rebondit avec Claude Joseph. Là encore, le tandem s’affiche comme une force d’opposition capable d’imposer une majorité au sein du Conseil. L’alliance avait tout l’air d’un pacte de circonstance visant à s’accaparer le poste de Premier Ministre. Mais cette fois encore, la machine s’enraye. Entre ambitions rivales et absence de vision partagée, l’accord se délite rapidement.

Enfin, dans une ultime tentative de rester dans le jeu, Moïse se serait rapproché de Fritz Alphonse Jean, actuel coordonnateur du CPT, dans l’espoir de faire tomber le Premier Ministre Alix Didier Fils-Aimé. Une nouvelle manœuvre, un nouveau fiasco. Et toujours, la même constante : le bruit, les postures, puis l’oubli.

Trois alliances, trois échecs. Moïse Jean-Charles semble pris dans une spirale où l’opportunisme a remplacé la conviction. Il aurait pu être la voix des sans-voix ; il n’est aujourd’hui que l’écho affaibli d’un leadership en décomposition. Si le pays souffre d’une crise de gouvernance, il souffre encore plus de ces figures politiques incapables de construire dans la durée.

pascalfleuristil2018@gmail.com

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Pascal Fleuristil

Je suis Pascal Fleuristil, originaire de l'Arcahaie. J'ai étudié la communication à l'ISNAC. Passionné du journalisme, Je m’intéresse à tous les sujets d'intérêt général.