Me Samuel Madistin réclame un procès équitable cinq ans après l’assassinat de Monferrier Dorval
Cinq ans après l’assassinat de l’ancien bâtonnier Monferrier Dorval, l’enquête stagne et les responsables restent inconnus. Me Samuel Madistin dénonce l’impunité et appelle à un procès équitable, selon RHINEWS.
Le dossier judiciaire autour du meurtre de Me Monferrier Dorval semble bloqué depuis cinq ans. Selon Me Samuel Madistin, avocat engagé dans cette affaire, la justice haïtienne est confrontée à de sérieux obstacles : « Le dossier n’avance pas, les commanditaires ne sont toujours pas identifiés, et même les personnes arrêtées après le crime ont pu s’échapper lors de l’attaque du pénitencier national », explique-t-il à RHINEWS.
Me Madistin pointe également les difficultés rencontrées par les juges en charge de l’affaire. L’un des premiers magistrats a quitté le pays, craignant pour sa sécurité et déplorant le manque de soutien de l’État, tandis que son successeur s’est officiellement retiré pour convenance personnelle. « Le traitement du dossier inspire la peur », ajoute l’avocat.
L’impasse judiciaire est aggravée par certains recours légaux, comme la récusation des juges par Martine Moïse, veuve de l’ex-président Jovenel Moïse. Pour Me Madistin, il est important que ces procédures ne bloquent pas indéfiniment l’instruction : « La justice doit pouvoir avancer, même face à des pressions ou des obstacles administratifs », souligne-t-il.
L’avocat évoque aussi les déclarations de l’ex-président Jovenel Moïse sur une vidéo liée au meurtre, qu’il considère comme « une piste à ne pas négliger ». Selon lui, la justice n’a pas encore interrogé certaines personnes clés pour confronter ces informations avec les inculpés, ce qui retarde le dossier.
Malgré tous ces blocages, Me Madistin reste optimiste : « Je fais confiance à la justice de mon pays. Je souhaite qu’un procès libre, oral et contradictoire permette de faire toute la lumière. Le bâtonnier Dorval le mérite », affirme-t-il à RHINEWS.
Pour les observateurs, cette affaire illustre les limites structurelles de la justice haïtienne, particulièrement sur les dossiers impliquant des personnalités influentes. Cinq ans après, la population attend toujours des réponses claires et que les responsables soient traduits devant la justice. L’ancien Bâtonnier a été tué dans sa résidence à Pèlerin 5 le 28 août 2020 non loin de la résidence de l’ancien Président Jovenel Moïse.
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