Thursday, March 19, 2026
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Quand Amos CINCIR dresse le portrait d’une nation prisonnière du seau de crabes

Dans une réflexion au vitriol publiée le 26 août 2025 depuis l’Afrique de l’Ouest, l’ambassadeur Amos CINCIR dénonce avec ironie et lucidité le « syndrome du crabe » en Haïti : cette jalousie destructrice qui transforme chaque réussite en cible et condamne le pays à une guerre intestine permanente.

Alors que d’autres pays s’appuient sur leurs ressources naturelles, leurs talents ou leur diaspora pour bâtir l’avenir, Amos CINCIR identifie en Haïti une matière première plus tenace que l’or ou le soleil : la jalousie. Une énergie renouvelable et gratuite, mais fatale. Le diplomate décrit un peuple enfermé dans un « seau de crabes », où toute tentative d’élévation individuelle est aussitôt sabotée par ses pairs.

L’analyse frappe par ses exemples concrets. Médecins, entrepreneurs, artistes, professeurs, journalistes : dans l’imaginaire collectif, chaque réussite cache forcément une faute. Cette suspicion généralisée se traduit par des attaques systématiques. CINCIR cite notamment des artistes comme Bedjine ou Rutshelle Guillaume, souvent ciblées par des campagnes de rumeurs, ou encore le chef Leen, raillé après son exploit culinaire mondial. Dans le miroir haïtien, le succès n’est jamais applaudi, il est puni.

Le constat s’étend même au-delà des frontières. La diaspora, censée être un levier de développement, reproduit à Miami, Montréal, Paris ou Santiago la même logique de démolition. Les réseaux sociaux deviennent des champs de bataille où chaque statut, chaque commentaire se transforme en arme contre un compatriote. « Une filiale offshore de l’usine de crabes », écrit CINCIR, pour décrire cette mentalité exportée.

Ce qui frappe dans son texte, c’est la transformation de la jalousie en système. Il ne s’agit plus seulement d’une émotion, mais d’un mécanisme collectif, parfois même financé : campagnes de dénigrement, salissages organisés, menaces réelles. Pendant que d’autres nations mobilisent leur diaspora pour investir, l’Haïtien, selon CINCIR, mobilise ses compatriotes pour détruire.

En dressant ce portrait cru, Amos CINCIR pose une question de fond : tant que l’Haïtien verra dans son frère un rival à abattre plutôt qu’un allié, Haïti pourra-t-elle devenir une nation ? À défaut de transformer ses talents en richesses, le pays risque de rester prisonnier de son aquarium, où les crabes s’entredévorent sous le regard amusé du reste du monde.

pascalfleuristil2018@gmail.com

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Pascal Fleuristil

Je suis Pascal Fleuristil, originaire de l'Arcahaie. J'ai étudié la communication à l'ISNAC. Passionné du journalisme, Je m’intéresse à tous les sujets d'intérêt général.