Haïti: Votez…. si vous êtes encore en vie d’ici là
La récente visite du Conseiller-Président Louis Gérald Gilles à l’Office National d’Identification (ONI) illustre l’engagement du Conseil Présidentiel de Transition à faire avancer les préparatifs électoraux en Haïti. Avec 6,3 millions de citoyens déjà enregistrés, le pays semble, sur le plan technique, progresser vers l’organisation d’élections inclusives. Toutefois, cette volonté institutionnelle se heurte à une réalité sécuritaire alarmante.
Malgré les avancées dans l’identification de la population, les conditions sur le terrain sont loin d’être propices à la tenue d’un scrutin crédible. La coalition criminelle ” Viv Ansanm ” continue d’imposer sa loi dans plusieurs régions, terrorisant les citoyens par des attaques armées, des enlèvements et des assassinats quasi quotidiens. Dans un tel contexte, parler d’élections paraît prématuré, voire déconnecté de la situation actuelle.
Le contraste entre la mobilisation administrative et l’absence de sécurité de base pose une question fondamentale. Comment garantir le droit de vote lorsque des pans entiers du territoire sont hors de contrôle étatique ? Tant que la population vivra dans la peur, aucune campagne électorale ne pourra être menée librement, et encore moins un scrutin organisé dans le respect des normes démocratiques.
Il est donc urgent que les autorités politiques, au-delà des statistiques et des discours, placent la sécurité publique au cœur de leurs priorités. Car sans stabilité, l’identification ne reste qu’un chiffre, et les élections, une illusion.

