Wednesday, March 18, 2026
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La DGPC clôture deux journées d’exercice de simulation dans le Sud-Est et annonce un méga-SIMEX avec cinq départements

“L’équipe de la Protection civile, tant au niveau central que départemental, est satisfaite de la clôture de ces exercices de simulation, des exercices d’entraînement qui nous ont permis de nous évaluer nous-mêmes dans des exercices à chaud. Cela va nous aider à mieux définir nos orientations lors des exercices à froid et à produire un rapport de recommandations”. C’est ce qu’a déclaré le directeur général de la Protection civile, Emmanuel Pierre, en clôturant le SIMEX-2025, le lundi 8 septembre dernier à Jacmel.

L’exercice s’est déroulé les 6 et 7 septembre à Jacmel, Marigot et Bainet, dans les Centres d’opérations d’urgence (COU) du Sud-Est.

Organisé par les structures nationales et départementales de gestion des risques et désastres, l’exercice a simulé la gestion d’un ouragan majeur et les interventions d’urgence qu’il implique. Il visait à renforcer la coordination en matière de planification, de préparation et d’exécution des actions liées à :
la gestion de l’alerte et l’activation des COU, la coordination des opérations de réponse immédiate, les actions anticipatoires, l’évacuation des personnes vulnérables et leur accueil dans des abris provisoires, la gestion des services d’urgence, la prise en charge préhospitalière et hospitalière; cet exercice s’appuie sur plusieurs recommandations formulées par les acteurs et partenaires du Système national de gestion des risques et désastres (SNGRD), afin d’améliorer les interventions et de renforcer la résilience des communautés face aux cyclones tropicaux.

Le délégué départemental du Sud-Est, l’ingénieur Jude Pierre Michel Lafontant, a souligné l’importance d’une telle initiative, qui vise avant tout à assurer une meilleure fluidité entre les institutions étatiques, les organismes partenaires comme le PNUD, le PAM, l’OIM, l’OCHA, ainsi que la société civile. Selon lui, la véritable utilité du SIMEX réside non seulement dans les points positifs, mais aussi dans l’identification des faiblesses, qu’elles soient protocolaires ou réactionnelles. “Cela nous permettra, face à une catastrophe réelle, de mieux coordonner nos efforts”, a-t-il déclaré, appelant chacun à travailler en synergie pour une réponse plus efficace en cas d’urgence. De son côté, le directeur départemental de la Protection civile, M. Ronald Délice, a insisté sur le thème : “La connaissance sauve des vies”. Il a présenté le module “Connaissance des dangers”, expérimenté depuis trois ans, qui consiste à former les communautés afin qu’elles identifient elles-mêmes les risques existants et mettent en place des activités de mitigation pour réduire ou éliminer ces menaces.

Concernant le choix du Sud-Est pour la tenue de l’exercice, le DG Emmanuel Pierre a rappelé que cette région est particulièrement exposée aux événements hydrométéorologiques. “La majorité des cyclones qui frappent Haïti passent par la péninsule Sud (Sud-Est, Sud, Grand’Anse). Le département du Sud-Est n’a pas connu d’événement majeur depuis environ sept ans, mais son comité départemental de gestion des risques est fonctionnel. C’est donc légitime d’y organiser un tel test”, a-t-il expliqué.

Il a également précisé que, dans le Nord, des exercices sont organisés chaque année sur les risques géodynamiques (séismes et tsunamis). Le dernier a eu lieu en 2024, tandis qu’un exercice de plus grande envergure avait été réalisé en juillet 2023. Le DG a insisté sur le fait que la préparation ne se mesure pas uniquement à un exercice ponctuel, mais au cumul des actions entreprises au fil des années. Dans le Grand Sud, chaque commune a pu tester ses capacités à travers des exercices de simulation de table et recevoir du matériel pour mieux faire face aux urgences.

À l’issue de l’exercice, M. Emmanuel Pierre a remercié les représentants des institutions locales et des organisations internationales pour leur collaboration. Il a toutefois reconnu un problème persistant de communication dans le Grand Sud. Pour y remédier, des connexions internet via Starlink ont été installées afin de faciliter le transfert rapide d’informations. Néanmoins, il a signalé que les conditions météorologiques pouvaient limiter leur efficacité. La DGPC entend donc renforcer l’utilisation de téléphones satellites et remettre en état les radios VHF défectueuses.

Ces mesures, a-t-il conclu, illustrent l’importance du SIMEX-2025, qui servira de tremplin à un méga-exercice de simulation prévu prochainement avec cinq départements du pays probablement dans le département du Sud.
Marcia MOÏSE
moisemarcha@gmail.com

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Marcia MOISE

Marcia MOISE Journaliste, présentatrice, responsable de la rubrique  « À la découverte ». Une passionnée du journalisme.