Wednesday, March 18, 2026
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Haïti : La coalition criminelle “Viv Ansanm” met à prix la vie du journaliste Ronald Desormes

Les menaces visant le journaliste Ronald Desormes de la RTVC aggravent l’atmosphère de terreur qui pèse déjà sur les professionnels des médias en Haïti. Après une vidéo où Jimmy Chérizier, dit “Barbecue”, promet une prime de 50 000 dollars pour attenter à la vie du travailleur de presse, la corporation journalistique tire la sonnette d’alarme. Cette affaire met en lumière l’effritement constant de la liberté de la presse et le vide sécuritaire qui expose les professionnelle de l’information à des risques extrêmes.

Depuis plusieurs jours, Ronald Desormes, co-présentateur du journal Premye Okazyon sur Radio Télévision Caraïbes, est au cœur d’une campagne de menaces explicites attribuées au groupe armé “Viv Ansanm”. L’élément déclencheur : un segment d’analyse dans lequel il décrivait l’évolution des affrontements urbains et leurs impacts sur les populations périphériques. Une démarche journalistique classique, mais jugée “provocatrice” par les membres de la coalition criminelle qui l’accusent de travestir les faits.

La diffusion virale d’une vidéo de Jimmy Chérizier, alias “Barbecue”, a fait basculer la situation dans une dimension encore plus inquiétante. Le chef de file du regroupement armé y affirme être prêt à verser 50 000 dollars américains à quiconque s’en prendrait au journaliste. Une déclaration publique, assumée, qui accentue la vulnérabilité du reporter et illustre la montée en puissance de groupes armés désormais persuadés d’agir en toute impunité face à un État désarticulé.

Alors que la Constitution de 1987 garantit clairement la liberté de la presse, la réalité du terrain contredit chaque jour un peu plus ce principe fondamental. Les journalistes sont frappés, kidnappés, surveillés ou réduits au silence par la peur. Les menaces visant Ronald Desormes s’inscrivent dans une longue série d’intimidations qui témoignent d’un effondrement de la protection institutionnelle, laissant les acteurs de l’information seuls face à des organisations criminelles mieux armées et mieux structurées que les autorités elles-mêmes.

L’affaire Desormes n’est pas un incident isolé : elle est le symbole d’un pays où informer est devenu un acte de courage quotidien. Tant que les institutions ne seront pas capables de protéger celles et ceux qui donnent voix aux sans-voix, la liberté de la presse continuera de s’éroder, emportant avec elle un pilier essentiel de la démocratie haïtienne.

pascalfleuristil2018@gmail.com

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Pascal Fleuristil

Je suis Pascal Fleuristil, originaire de l'Arcahaie. J'ai étudié la communication à l'ISNAC. Passionné du journalisme, Je m’intéresse à tous les sujets d'intérêt général.