Cisjordanie : L’ONU alerte sur une discrimination institutionnalisée assimilée à un régime d’apartheid
Dans son rapport rendu public ce mercredi, le Haut-Commissariat affirme que la discrimination à l’encontre des Palestiniens s’est « radicalement aggravée » ces dernières années, aussi bien en Cisjordanie que dans l’ensemble des territoires palestiniens occupés. Restrictions de mouvement, accès inégal à la terre, aux ressources naturelles et aux services publics, démolitions de logements et expansion continue des colonies israéliennes constituent, selon l’ONU, les piliers d’un système profondément inégalitaire.
Un nouveau rapport du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme dresse un constat alarmant sur la situation des Palestiniens en Cisjordanie. Selon l’institution onusienne, les politiques menées par Israël dans les territoires occupés ont franchi un seuil critique, transformant la discrimination structurelle en un système de ségrégation de plus en plus assumé.
À travers une analyse détaillée des pratiques administratives, sécuritaires et juridiques, le document évoque une détérioration accélérée des droits fondamentaux des Palestiniens. Une dynamique qui, aux yeux de l’ONU, ne relève plus d’abus isolés, mais d’un mécanisme organisé de domination et d’exclusion.
Le Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Volker Türk, parle sans détour d’une « asphyxie systématique des droits des Palestiniens ». Il souligne que deux populations vivant sur le même territoire sont soumises à des régimes juridiques distincts : l’un offrant protection et privilèges aux colons israéliens, l’autre imposant contrôles, restrictions et sanctions collectives aux Palestiniens. Une réalité qui, selon le rapport, s’apparente de plus en plus aux critères internationaux définissant un régime d’apartheid.
Au-delà du constat, l’ONU met en garde contre les conséquences à long terme de cette politique. La normalisation de la ségrégation, combinée à l’absence de perspectives politiques crédibles, alimente frustration, violences et désespoir, tout en éloignant un peu plus la possibilité d’une solution juste et durable au conflit israélo-palestinien.
En qualifiant sans ambiguïté la situation de la Cisjordanie, le Haut-Commissariat ne se contente plus d’alerter : il interpelle la communauté internationale sur sa responsabilité. Car à force de silence et d’inaction, le risque est grand que l’exception devienne la règle, et que l’injustice dénoncée aujourd’hui s’installe demain comme une réalité irréversible.
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