CPT : La fin du mandat de Laurent Saint-Cyr ravive les luttes internes à la veille d’une transition sous pression
À l’approche d’échéances décisives pour la transition haïtienne, le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) traverse une nouvelle zone de turbulences. La fin officielle du mandat de coordination de Laurent Saint-Cyr, ce 7 janvier 2026, agit comme un révélateur des rivalités et des fragilités institutionnelles qui minent l’organe exécutif provisoire.
Derrière la présidence tournante censée garantir l’équilibre et la collégialité, se dessinent des stratégies de repositionnement politique. Certains Conseillers-Présidents, invoquant l’urgence et la continuité de l’État, militent pour une recomposition du leadership avant même l’échéance finale du 7 février, alimentant un climat de suspicion et de crispation au sommet de la transition.
Installé le 7 août 2025 comme Coordonnateur du Conseil Présidentiel de Transition, en remplacement de Fritz Alphonse Jean, Laurent Saint-Cyr boucle ce mercredi 7 janvier 2026 un mandat de cinq mois à la tête du CPT. Une période jugée peu convaincante par ses détracteurs, qui pointent l’absence de réalisations concrètes et une gouvernance marquée par de nombreux déplacements à l’étranger, dans un contexte national pourtant explosif.
Si, sur le plan institutionnel, Laurent Saint-Cyr demeure membre du CPT et est appelé à contribuer à la coordination jusqu’au terme officiel de la transition, son leadership est aujourd’hui frontalement contesté. Des rumeurs persistantes font état de manœuvres internes visant son éviction, au profit d’un autre Conseiller-Président désireux de prendre les commandes jusqu’au 7 février, voire au-delà, dans l’hypothèse d’une prolongation de la transition.
Conscient de ces velléités, Laurent Saint-Cyr a choisi la tribune officielle pour alerter l’opinion. Lors des cérémonies marquant le 222e anniversaire de l’indépendance d’Haïti, il a dénoncé des « manœuvres politiques malveillantes » qu’il accuse de menacer la stabilité déjà précaire du processus de transition. Appelant à la sagesse et à l’unité, il a exhorté ses collègues à privilégier l’intérêt national au détriment des calculs personnels.
Mais à un mois seulement de la passation de pouvoir annoncée, la fracture semble désormais consommée au sein du CPT. Entre un coordonnateur en fin de cycle cherchant à préserver sa position et des conseillers décidés à redessiner l’équilibre interne, la transition avance sur une ligne de crête, sous le regard inquiet d’une population lassée par l’instabilité chronique.
Dans ce bras de fer silencieux mais déterminant, le CPT joue bien plus que des postes ou des préséances : il engage sa crédibilité historique. Car à défaut de dépasser ses querelles internes, la transition risque de confirmer, une fois de plus, que l’urgence haïtienne se heurte moins au manque de solutions qu’à l’incapacité de ses dirigeants à faire front commun.
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