Accord controversé : Le Venezuela s’engage à transférer jusqu’à 50 millions de barils de pétrole aux États-Unis après la capture de Nicolás Maduro
Le président des États-Unis, Donald Trump, a annoncé mardi soir que les autorités intérimaires du Venezuela allaient transférer entre 30 et 50 millions de barils de pétrole vénézuélien vers les États-Unis. L’annonce intervient quelques jours après l’opération militaire qui a conduit à la capture de Nicolás Maduro, suscitant une vive polémique internationale.
Dans un message publié sur son réseau social Truth, Donald Trump a affirmé que ce pétrole serait vendu au prix du marché et que les revenus issus de cette transaction seraient « contrôlés par moi, en tant que président des États-Unis », afin, selon lui, d’en faire bénéficier à la fois les populations vénézuéliennes et américaines. Il a précisé que le secrétaire à l’Énergie était chargé de mettre en œuvre immédiatement ce plan, qui prévoit l’acheminement direct du brut vers des quais américains. Cette initiative s’inscrit dans un contexte de forte pression exercée par Washington sur Caracas depuis l’opération qui a abouti à l’arrestation de Maduro, accusé par l’administration américaine de narcotrafic et terrorisme—des allégations fermement rejetées par le gouvernement vénézuélien et ses soutiens internationaux.
Ce transfert de pétrole est salué par certains responsables américains comme un moyen de stabiliser le marché énergétique et de renforcer la présence économique des États-Unis en Amérique latine, tout en contournant les sanctions qui pesaient sur le secteur pétrolier vénézuélien. Toutefois, l’accord est vivement critiqué par des acteurs internationaux et des juristes, qui qualifient l’opération de capture du président Maduro et de sa femme de violation du droit international et de précédent dangereux pour la souveraineté des États. À Caracas, la présidente par intérim a assuré que « personne d’autre ne gouverne le Venezuela », rejetant toute ingérence étrangère alors que l’Afrique, l’Europe et l’ONU appellent à la retenue et à une résolution pacifique de la crise.
Le dossier illustre un tournant géopolitique majeur où les ambitions énergétiques se mêlent à des opérations militaires et à des enjeux de légitimité politique, laissant planer une grande incertitude sur l’avenir du Venezuela et les rapports de force entre grandes puissances.
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