Les États-Unis tournent le dos à 66 organisations internationales, l’ONU exprime ses regrets
Les États-Unis ont relancé la controverse autour de la diplomatie climatique internationale. Par un décret signé mercredi 7 janvier, le président américain Donald Trump a ordonné le retrait de son pays de 66 organisations internationales, dont près de la moitié sont rattachées au système des Nations unies. Cette décision marque un nouveau tournant dans le désengagement américain des mécanismes multilatéraux, en particulier dans le domaine du climat.
Parmi les structures concernées figure la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CNUCC), pilier central de la gouvernance climatique mondiale depuis son adoption en 1992 lors du Sommet de la Terre à Rio de Janeiro. Le retrait touche également le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), notamment son comité scientifique de référence, organisme clé dans l’évaluation des connaissances scientifiques sur le réchauffement climatique.
Cette décision a suscité de vives réactions dans la communauté scientifique. La climatologue Valérie Masson-Delmotte, chercheuse au Commissariat à l’énergie atomique (CEA) et ancienne coprésidente du groupe de travail I du Giec, a dénoncé un choix qu’elle qualifie de ” très grande lâcheté “, estimant qu’il affaiblit la coopération internationale face à une crise climatique mondiale sans précédent.
Du côté des Nations unies, le secrétaire général Antonio Guterres a exprimé son regret. Par la voix de son porte-parole Stéphane Dujarric, il a souligné que l’ONU prenait acte de la décision américaine tout en réaffirmant que l’organisation poursuivra ses missions ” avec détermination ” , malgré le retrait annoncé d’une trentaine d’organisations onusiennes par Washington.
Ce nouveau désengagement américain intervient dans un contexte de multiplication des alertes scientifiques sur l’urgence climatique. Pour de nombreux observateurs, il risque d’affaiblir davantage les efforts collectifs visant à limiter le réchauffement de la planète et à renforcer la solidarité internationale face aux défis environnementaux globaux.

