Thursday, May 7, 2026
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Rome pour Alix Didier Fils-Aimé, la prière pour Leslie Voltaire : la population, elle, fuit les gangs

Le Gouvernement haïtien a annoncé, le mercredi 6 mai 2026, le départ du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé pour une mission officielle à Rome et au Saint-Siège prévue du 8 au 11 mai 2026. À travers cette visite diplomatique, les autorités affirment vouloir renforcer les relations d’Haïti avec ses partenaires internationaux et mobiliser davantage de soutien autour des enjeux humanitaires, sociaux et du processus de stabilisation du pays. Pourtant, au-delà du discours officiel, cette annonce intervient dans un contexte national particulièrement explosif.

Depuis plusieurs semaines, l’insécurité continue de gagner du terrain dans différentes régions du pays. Le mardi 5 mai 2026, le commissariat de Marchand-Dessalines a été attaqué puis incendié par des individus armés identifiés comme membres des groupes de Savien et « Kokorat san ras ». Les images relayées sur les réseaux sociaux montrent un bâtiment totalement détruit, tandis que des habitants fuyaient la zone sous la peur des affrontements et de nouvelles violences.

Dans ce climat de crise permanente, l’annonce d’un déplacement diplomatique du chef du gouvernement provoque de nombreuses interrogations. Pour une partie de la population, voir les autorités multiplier les rencontres internationales alors que des territoires entiers échappent au contrôle de l’État donne l’impression d’un pouvoir éloigné des réalités quotidiennes des citoyens. Beaucoup estiment
que l’urgence absolue reste aujourd’hui la sécurité nationale.

Les déclarations passées du conseiller-président Leslie Voltaire, évoquant la prière comme réponse face à la crise haïtienne, continuent également de marquer les esprits. Dans un pays profondément croyant, ces paroles ont trouvé un certain écho spirituel. Mais elles ont aussi renforcé le sentiment d’un manque d’actions concrètes face à des groupes armés qui, eux, poursuivent leur expansion sans relâche.

Pendant que les autorités parlent coopération et diplomatie, la réalité sur le terrain reste brutale. Des axes routiers demeurent dangereux, plusieurs localités vivent sous tension et des familles continuent d’abandonner leurs maisons pour fuir les violences. Malgré les annonces répétées du pouvoir, les résultats tardent à se faire sentir dans le quotidien de la population.

Cela ne veut pas dire que la diplomatie soit inutile. Haïti a besoin d’appuis internationaux et de partenaires capables d’accompagner les efforts de stabilisation du pays. Plaider la cause haïtienne à l’étranger reste une nécessité dans le contexte actuel. Mais ces initiatives perdent progressivement leur portée lorsque les citoyens ne voient aucune amélioration réelle en matière de sécurité et de gouvernance.

Aujourd’hui, les Haïtiens attendent plus que des symboles ou des déclarations. Ils veulent des décisions fortes, des mesures visibles et des résultats concrets capables de restaurer l’autorité de l’État. La foi peut apporter du réconfort, la diplomatie peut ouvrir des portes, mais seule une action efficace sur le terrain permettra de répondre à la crise qui continue de fragiliser le pays jour après jour.

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Miracson Mondesir

Miracson Mondesir, originaire de Mirebalais, est un journaliste professionnel. Rédacteur polyvalent, ayant la capacité de traiter plusieurs sujets avec succès notamment la politique et la culture. Il pratique le journalisme pour être utile à sa communauté.

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