Célébration de la Saint-Yves, patron des avocats
La paroisse Saint-Yves de Jacmel a célébré ce mardi 19 mai 2026 une messe d’action de grâce pour marquer la fête du saint patron des professionnels du droit.
Les membres du corps judiciaire et des acteurs des droits humains ont assisté massivement à cette cérémonie religieuse. Parmi les personnalités présentes, on remarquait le bâtonnier de l’Ordre, Me Ternela Agella; le doyen de l’École de Droit et des Sciences Économiques et représentant du Bureau d’Assistance Légale (BAL), Me Frantz Comonce; le substitut du commissaire du gouvernement et commissaire du gouvernement faisant fonction (a.i.), Me Clément Jouloute; le cadre du Bureau d’Assistance, de Consultation, d’Observation et de Plaidoyer (BACOP-Juridique) et membre du Conseil de l’Ordre, Me Saurel Déronette; Me Lonet Gué; le responsable du Cabinet la Maison des Avocats, Me Luc François; la mairesse de la commune, ainsi que plusieurs autres notables de la cité d’Alcibiade de Pommayrac.
Le célébrant principal, le révérend Père Yves Maurice, dans la liturgie du jour, a invité les hommes et les femmes de la basoche à imiter leur saint patron, Yves Hélory de Kermartin (Saint Yves). Il les a exhortés non seulement à le reconnaître comme patron, mais surtout comme un modèle à suivre au quotidien.
Le prêtre catholique a poursuivi son homélie en rappelant aux avocats comment Saint Yves s’efforçait, fort souvent, de défendre la cause des pauvres, des malheureux et de ceux qui n’ont pas de nom dans la société.
Dans la même veine, le révérend Yves Maurice a expliqué que Dieu a toujours fait une option préférentielle pour trois catégories de personnes: les pauvres, les étrangers et les orphelins. Saint Yves, de son côté, avait fait le choix de se ranger du côté de ceux et celles qui subissent l’oppression.
Le ministre religieux a tenu à faire la distinction: ceux qui subissent sont les opprimés, tandis que l’oppresseur désigne une personne, un groupe ou un système qui exerce une contrainte ou une autorité abusive sur le malheureux.
À l’époque, que ce soit comme avocat ou comme juge, Saint Yves prenait toujours la défense de ces personnes vulnérables. “Le pauvre est celui ou celle qui ne dispose pas des moyens nécessaires. Le juge, lorsqu’il rend sa sentence, doit s’efforcer de délivrer l’opprimé et de le soustraire au pouvoir des oppresseurs.”
Le directeur diocésain de la paroisse Sainte Bernadette dans sa prédication a également rappelé qu’en rendant la justice, le magistrat ne doit être sous la tutelle de quiconque; il doit toujours être prêt à rendre à chacun ce qui lui est équitablement dû. Plus loin, le célébrant a soutenu que la vie de Saint Yves nous rappelle que le droit est au service du bien des personnes et d’un peuple. Sa fonction primordiale est de protéger la dignité inaliénable de l’individu, de sa conception jusqu’à sa mort naturelle.
Invitant les professionnels des sciences légales à accueillir avec douceur les démunis qui sollicitent leur aide, le prêtre a salué l’initiative du Barreau de Jacmel (BARJAC). En prélude à la fête, l’Ordre a en effet offert des consultations juridiques gratuites. Le célébrant a exprimé le souhait de voir cette belle initiative se pérenniser dans la commune.
En fin de cérémonie, le curé de la paroisse, le révérend Père Serge Pardo, a pris la parole pour adresser ses mots de remerciement. Après avoir salué les personnes de bonne volonté qui ont contribué à la réussite de cette fête patronale, il a profité de l’occasion pour lancer, sans langue de bois, une mise en garde solennelle aux autorités locales. Il les a fermement exhortées à s’efforcer à ne pas livrer la ville de Jacmel aux bandits, avertissant les dirigeants qui complotent pour la déstabilisation du département qu’ils finiront par payer le prix de leurs actes. D’un seul élan, le père Pardo a également interpellé les travailleurs de la presse Jacmelienne de ne pas se laisser corrompre dans le traitement de l’information. Il les a invités à cesser de se laisser instrumentaliser et manipuler par des autorités corrompues qui travaillent au détriment du pays et du département du Sud-Est.
Marcia Moïse
moisemarcha@gmail.com

