Monday, June 22, 2026
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L’EDSEJ réussit avec brio sa deuxième simulation de procès pénal

La matinée d’évaluation du vendredi 19 juin 2026 a été exceptionnelle à l’École de Droit et des Sciences Économiques de Jacmel (EDSEJ). Dès l’entrée, une ambiance festive régnait dans la cour les étudiant·es en liesse, vêtus de costumes élégants ou drapés dans leurs robes noires, arboraient fièrement leurs tenues protocolaires. Le décor était planté. La grande salle de première année, construite en amphithéâtre et située au bas du bâtiment, avait été décorée de tissus rouges et noirs. Si l’entrée laissait d’abord penser aux préparatifs d’une graduation, en s’approchant, on se serait cru dans la grande salle d’audience du Tribunal de Première Instance de Jacmel (TPIJ).

​Il était environ 10 h 30, l’heure habituelle de fonctionnement du tribunal, lorsque la séance a débuté. L’espace s’est alors transformé en une véritable salle d’audience criminelle. Le juge et juge d’instruction, Maître Anophène Maître, y exerçait la fonction de doyen du tribunal criminel, veillant au respect strict des normes d’une audience criminelle publique.

​Les étudiants, particulièrement bien organisés, incarnaient les différents acteurs du système: le Ministère Public, les greffiers, les avocats de la défense, les jurés, les témoins, l’accusé et même les étudiants policiers.

Au fond de la salle, leur professeure initiatrice Me Françoise Morailles, liste en main, observait minutieusement le déroulement de l’exercice afin d’évaluer ses étudiants.

​Cette activité, encadrée par le décanat de l’EDSEJ, s’est déroulée sous la direction du directeur et professeur de droit constitutionnel,

Me Frantz Comonce, et de la professeure iniatrice de droit à ‘Organisation Judiciaire, ancienne commissaire du gouvernement près le TPI de Jacmel, initiatrice de l’activité Me Françoise Morailles. Cette simulation de procès fictif format normal a été réalisée le vendredi 19 Juin 2026, pour la deuxième année consécutive, servant d’examen final pour les étudiant·es.

​Cette initiative, insufflée par Me Morailles, a débuté en 2025 avec la promotion 2025-2029.
Elle s’inscrit dans un ensemble d’activités visant à renforcer les capacités pratiques des étudiants en sciences juridiques.

​Selon Me Comonce, le doyen de l’EDSEJ qui a assisté à une partie de l’évaluation, nous a confié:”Cette initiative, lancée à l’école l’année dernière et reconduite cette année, vise à permettre aux étudiants de mieux appréhender le parcours d’un dossier pénal au sein du système judiciaire avant le prononcé du jugement.

À l’issue de la matinée, Me Anophène Maître a tenu à remercier les étudiant·es de l’avoir choisi pour présider ce procès. Toujours désireux de partager son savoir, il a exprimé le souhait de voir une procédure de par contumace intégrée lors d’une prochaine simulation.

Tout au long de l’audience, le magistrat expérimenté est intervenu pour attirer l’attention des futurs hommes et femmes de loi sur les détails essentiels de leurs rôles respectifs.

​En observant ce professionnel chevronné mettre sa compétence, son expérience et son savoir à la disposition de la jeunesse, on pouvait lire la fierté sur son visage radieux. Attentif et souriant, il a pris le temps d’analyser la logique des débats, l’éloquence, le verbe et le charisme des étudiants, y décelant une relève assurée pour cette noble profession.

​Me Maître, ancien membre de l’Amicale des juristes, en a profité pour prodiguer de précieux conseils aux futurs praticiens:”Chers étudiants, comportez-vous dès à présent comme des avocats. Vous êtes des avocats en devenir, aiguisez chaque jour votre comportement et soyez des modèles partout où vous passez. Respectez-vous, il y a de l’espoir.”

​Il a également salué la rigueur des rôles et l’oralité des débats:”À un certain moment, je me croyais dans un vrai tribunal. Sans flatterie, je vois parmi vous de futurs commissaires du gouvernement.”

​La professeure et ancienne magistrate, Me François Morailles, s’est réjouie du succès de l’événement et a salué l’accompagnement constant du décanat. Très fière du travail accompli, elle a prononcé un discours de clôture empreint de dignité, adoptant une tonalité rigoureuse et maîtrisée, propre aux grands chefs de poursuite. Elle a chaleureusement remercié son confrère et ami, le magistrat Anophène Maître, pour sa présidence éclairée, ainsi que le doyen Me Frantz Comonce.
​S’adressant à ses élèves, elle a exprimé sa fierté de la reconnaissance des efforts, elle a déclaré avec accentuation: “Mes chers étudiants, cette simulation de procès est, à mon humble avis, une réussite totale. Vous avez su incarner vos rôles avec un réalisme, une dignité et une éloquence qui font honneur à notre institution. Je suis fière d’avoir initié ce projet. Mon objectif était de vous sortir des manuels pour vous plonger au cœur de la réalité judiciaire. Le droit n’est pas qu’une théorie, c’est une matière vivante qui s’exprime par la parole, l’écoute et le respect des règles de procédure. Au-delà du verdict, ce que je retiens, c’est votre capacité à faire vivre la justice avec rigueur et conviction.”

​Me Morailles n’a pas manqué de remercier les “coachs” qui ont encadré les étudiants, notamment des avocats du barreau de Jacmel: Me Feguens Girono Jean Batta directeur de l’école du barreau, Me Jean Charles Bekin Bauer, ét Me Luc François, professeur de police judiciaire et de droit pénal spécial en deuxième année.

​Derrière la rigueur qu’elle impose tout au long de l’année académique, la professeure a témoigné une affection maternelle à ses étudiants qui, en à peine un mois et demi, ont travaillé corps et âme pour assurer cette réussite. Elle a également salué le dynamisme, le leadership et la détermination du président de la deuxième année, l’étudiant Angel Ismaël Jean Louis et le comité pour leurs déterminations afin de réussir cette simulation.

​Par cet exercice, l’EDSEJ confirme son engagement vers une pédagogie active et professionnalisante. Dans sa quête permanente d’excellence, l’institution prouve que les futurs juristes ne se contentent pas d’apprendre la théorie, mais l’expérimentent concrètement. Cette simulation renforce ainsi l’éloquence, la confiance en soi et la maîtrise technique indispensables aux futurs acteurs du système judiciaire haïtien.
Marcia MOÏSE moisemarcha@gmail.com

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Marcia MOISE

Marcia MOISE Journaliste, présentatrice, responsable de la rubrique  « À la découverte ». Une passionnée du journalisme.

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