Saturday, August 1, 2026
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Petit-Goâve : un lynchage d’une extrême cruauté révèle l’effondrement de l’autorité de l’État

La commune de Petit-Goâve a été le théâtre d’un acte d’une rare violence le jeudi 30 juillet 2026, dans la localité de Lozier, quatrième section communale. Nojean Bazil, un homme d’une trentaine d’années présenté comme un présumé voleur de motocyclette, a été tué, décapité puis son corps a été incendié avant d’être enterré par des membres de la population. Ce drame relance le débat sur la montée inquiétante de la justice populaire en Haïti.

D’après les informations disponibles, une motocyclette qui aurait été volée a été retrouvée dans la zone de Lozier. À proximité de l’engin, des habitants affirment avoir découvert une veste qu’ils attribuaient à Nojean Bazil. Sur la base de cet élément, ils ont conclu qu’il était l’auteur du vol présumé.

Toujours selon les faits rapportés, plusieurs individus se sont rendus au domicile du jeune homme tôt dans la matinée. Il aurait été appréhendé, violemment agressé à l’arme blanche, puis décapité. Son cadavre a ensuite été brûlé avant d’être enfoui dans un trou, dans des circonstances particulièrement choquantes.

À la suite de cet événement, un climat de tension persiste dans la localité. Le père ainsi que la belle-mère de Nojean Bazil seraient actuellement la cible de menaces de mort, faisant craindre de nouvelles violences contre des proches qui ne sont pourtant visés par aucune accusation connue.

Au-delà de ce drame, cette affaire illustre une fois de plus l’absence préoccupante de l’autorité de l’État dans plusieurs régions du pays.Lorsque les institutions chargées d’assurer la sécurité, de procéder aux arrestations et de rendre la justice ne parviennent plus à remplir efficacement leur mission, certains citoyens finissent par se substituer aux autorités, avec des conséquences souvent tragiques et irréversibles.

La justice populaire ne peut en aucun cas remplacer le système judiciaire. Même lorsqu’une personne est soupçonnée d’avoir commis une infraction, elle bénéficie de la présomption d’innocence et a le droit d’être arrêtée, jugée et condamnée, le cas échéant, par les autorités compétentes. Les actes de lynchage, de décapitation ou d’incendie de cadavres traduisent une dangereuse banalisation de la violence et contribuent à affaiblir davantage l’État de droit.

Face à cette situation, une enquête approfondie de la Police nationale d’Haïti et du Parquet de Petit-Goâve apparaît indispensable afin d’établir les responsabilités, de faire la lumière sur les circonstances exactes de cette affaire et d’identifier les auteurs de ce crime. Restaurer l’autorité de l’État et mettre fin aux exécutions sommaires demeure une nécessité pour empêcher que la population ne continue à se rendre justice elle-même.

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Miracson Mondesir

Miracson Mondesir, originaire de Mirebalais, est un journaliste professionnel. Rédacteur polyvalent, ayant la capacité de traiter plusieurs sujets avec succès notamment la politique et la culture. Il pratique le journalisme pour être utile à sa communauté.

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