Rentrée scolaire 2026-2027 : les écoles rouvrent dans un contexte toujours marqué par l’insécurité
L’année académique 2026-2027 a officiellement démarré ce lundi 7 septembre 2026 en Haïti, avec une cérémonie organisée au Lycée Horatius Laventure, à Delmas 75. Le ministre de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle, Vijonet Déméro, a donné le coup d’envoi de cette nouvelle année scolaire en présence de responsables du secteur éducatif, de partenaires internationaux et de plusieurs centaines d’élèves.
Cette rentrée est placée sous le thème « Yon lekòl pou tout moun », qui met l’accent sur l’inclusion, la non-discrimination et l’égalité des chances. Le MENFP affirme vouloir placer l’élève et les apprentissages au cœur de l’action éducative, tout en annonçant plusieurs mesures, notamment la nomination d’enseignants, la distribution de manuels et d’uniformes, ainsi que des programmes d’accompagnement destinés aux familles.
Mais cette reprise des classes intervient dans un environnement particulièrement préoccupant sur le plan sécuritaire. Dans plusieurs quartiers du pays, notamment dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, des établissements scolaires évoluent encore à proximité de zones contrôlées par des groupes armés. L’insécurité, les affrontements et les déplacements forcés continuent ainsi de perturber la vie quotidienne des élèves, des enseignants et des familles.
La situation constitue un obstacle majeur au bon fonctionnement du système éducatif. Dans plusieurs zones, l’État ne parvient toujours pas à reprendre le contrôle des territoires occupés par les gangs et à garantir un environnement suffisamment sécurisé pour permettre aux écoles de fonctionner normalement. Des établissements restent ainsi exposés aux conséquences de la violence, tandis que certaines familles sont contraintes de déplacer leurs enfants vers des secteurs jugés moins dangereux.
Le directeur départemental de l’Éducation de l’Ouest, Étienne Louisseul France, a d’ailleurs identifié l’insécurité, les déplacements forcés de la population et le décrochage scolaire parmi les principaux défis auxquels sont confrontées les écoles. Face à cette situation, le MENFP prévoit de renforcer le suivi administratif et pédagogique des établissements et de poursuivre les nominations d’enseignants dans les zones où le déficit en personnel demeure important.
Les partenaires internationaux entendent également accompagner les efforts visant à maintenir l’accès à l’éducation malgré la crise. L’UNICEF a annoncé des mesures en faveur de la continuité éducative, de la protection et du bien-être des enfants affectés par la situation. Le Programme alimentaire mondial (PAM) mise, de son côté, sur l’alimentation scolaire comme outil de protection sociale et de soutien à la réussite des élèves, avec une attention particulière accordée aux produits agricoles locaux.
Ainsi, derrière le message « Yon lekòl pou tout moun », les autorités doivent relever un défi essentiel : permettre aux enfants de fréquenter leurs établissements dans des conditions sûres et régulières. Tant que plusieurs zones resteront sous le contrôle de groupes armés et que l’État ne sera pas en mesure d’y rétablir durablement son autorité, la réouverture des classes restera confrontée à d’importantes incertitudes. Pour les parents, les enseignants et surtout les élèves, l’enjeu dépasse donc la simple reprise des cours : il s’agit de pouvoir apprendre et travailler dans un environnement sécurisé.

