Après la terreur, le soulagement à l’Arcahaie
Il y a des jours où une population ne demande ni promesses ni discours, mais simplement le droit de vivre. Pendant plusieurs jours, Arcahaie a vécu au rythme des rafales, de la peur et de l’incertitude. Des familles contraintes de fuir leur domicile, des maisons menacées, des activités paralysées et des habitants suspendus à chaque détonation : la commune a traversé l’une de ces périodes où la peur finit par s’installer dans le quotidien.
Puis, le lundi 2 novembre 2026, une lueur d’espoir est apparue. L’opération menée par la Police nationale d’Haïti, avec le soutien des brigadiers, a permis de reprendre le contrôle de plusieurs positions, notamment sur l’axe reliant Thomas à Bercy. La libération d’environ 22 fidèles de l’Église Full Gospel, retenus en otage dans le secteur de Lavila depuis le 31 octobre, est venue renforcer ce sentiment de soulagement. Pour leurs familles, c’est une délivrance. Pour toute une communauté, c’est une raison supplémentaire de croire que la résistance face à la violence n’est pas vaine.
Il faut saluer le courage des policiers et des brigadiers qui se sont mobilisés pour défendre la population et empêcher l’enracinement des groupes armés dans la commune. Leur engagement mérite reconnaissance. Mais cette victoire sur le terrain, aussi importante soit-elle, ne doit pas devenir un motif de relâchement. Reprendre un territoire est une chose ; le sécuriser durablement en est une autre.
Arcahaie ne peut pas se contenter d’opérations ponctuelles suivies de périodes d’abandon. Les habitants ont besoin d’une présence sécuritaire permanente, de moyens adaptés, d’une stratégie cohérente et d’une véritable volonté politique. Les familles déplacées doivent pouvoir rentrer chez elles sans craindre de nouvelles attaques. Les écoles, les commerces, les églises et les espaces de vie doivent retrouver leur fonction première : servir la communauté, et non devenir des lieux exposés à la violence.
Le soulagement est réel, mais il ne doit pas faire oublier les souffrances endurées. Derrière chaque maison abandonnée, chaque activité interrompue et chaque famille traumatisée, il y a une histoire humaine qui mérite attention et réparation.
L’Arcahaie a besoin de paix, pas d’un simple répit. Elle a besoin de sécurité, pas de promesses renouvelées à chaque crise. Après la terreur, le soulagement est permis. Mais désormais, l’heure est à la vigilance, à la responsabilité et surtout à l’action. Car défendre l’Arcahaie, ce n’est pas seulement reprendre ses territoires : c’est garantir à ses fils et à ses filles le droit d’y vivre dignement, librement et sans peur.
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