Paraguay : Santiago Peña annonce sa démission en pleine crise financière et face à une procédure de destitution
Le président paraguayen Santiago Peña a annoncé, jeudi 5 novembre 2026, sa démission, alors que son pays traverse une grave crise financière et politique liée aux difficultés d’Ueno Bank. Visé par de lourdes accusations de conflits d’intérêts et de mauvaise gestion des affaires publiques, le chef de l’État voit son avenir politique compromis, tandis que le Parlement a décidé de poursuivre la procédure de destitution engagée contre lui.
La crise trouve notamment son origine dans les difficultés financières d’Ueno Bank, placé sous intervention de la Banque centrale du Paraguay en raison de graves problèmes de solvabilité. Cette situation a privé près de trois millions de clients de l’accès normal à leurs comptes et à leurs économies. Au cœur de la controverse, les liens financiers que Santiago Peña aurait entretenus avec le groupe propriétaire de l’établissement bancaire, dont il aurait conservé des participations jusqu’en mars 2025, alors qu’il occupait déjà la présidence de la République. Les opposants lui reprochent également un possible conflit d’intérêts et des décisions susceptibles d’avoir favorisé des intérêts privés au détriment de l’intérêt général.
Malgré l’annonce de sa démission, la Chambre des députés a approuvé, par 78 voix, l’ouverture d’une procédure de destitution contre le président. Le dossier a ensuite été transmis au Sénat, appelé à examiner les accusations et à se prononcer sur son sort. La situation s’est compliquée davantage lorsque les parlementaires n’ont pas pu statuer sur sa démission, faute de quorum. Santiago Peña, de son côté, a annoncé son intention de défendre sa position devant les institutions compétentes.
Cette crise au Paraguay remet au premier plan la question de la responsabilité des dirigeants publics et de l’obligation de rendre compte de leur gestion. Elle rappelle également que les fonctions politiques ne devraient constituer un bouclier contre aucun mécanisme de contrôle démocratique ou judiciaire. La transparence, la reddition de comptes et l’égalité de tous devant la loi demeurent des exigences fondamentales de toute démocratie.
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