Wednesday, March 18, 2026
ACTUALITÉSDossiers spéciauxÉconomieSOCIÉTÉ

Carrefour et Fontamara : des frais occultes dans les bureaux de transfert, entre extorsion et silence complice

Dans la commune de Carrefour et à Fontamara, des clients de bureaux de transfert d’argent dénoncent des frais supplémentaires imposés sans justification claire. Ces prélèvements, souvent non documentés, s’ajoutent aux coûts officiels des transactions, affectant particulièrement les habitants des zones sous influence de groupes armés.

Des frais additionnels non justifiés

Plusieurs usagers rapportent que certaines agences de transfert, notamment à Carrefour et dans le quartier de Fontamara, imposent des frais supplémentaires lors de la livraison des transferts internationaux. Ces montants, prélevés sans explication, s’ajoutent aux frais officiels, réduisant ainsi les sommes effectivement reçues par les bénéficiaires. Cette pratique est d’autant plus préoccupante qu’elle survient dans un contexte où les habitants dépendent fortement des transferts pour subvenir à leurs besoins essentiels.

Influence des groupes armés

La situation est exacerbée par la présence de groupes armés dans ces zones. À Carrefour, par exemple, des gangs ont mis en place des systèmes de taxation informels, imposant des “droits de passage” aux chauffeurs et commerçants. Ces groupes contrôlent également certains quartiers, rendant difficile toute intervention des autorités pour réguler les activités économiques, y compris celles des bureaux de transfert.

Absence de régulation et de transparence

Les autorités financières haïtiennes peinent à enrayer ces pratiques. Malgré les plaintes des clients, peu de mesures concrètes ont été prises pour assurer la transparence des opérations des bureaux de transfert. Cette absence de régulation permet à certaines agences de profiter de la situation, en imposant des frais injustifiés sans crainte de sanctions.

Conséquences pour la population et appel à l’action

Ces pratiques ont des répercussions directes sur la population locale. Les bénéficiaires de transferts, souvent issus de familles modestes, voient leurs ressources diminuées, ce qui affecte leur capacité à couvrir des dépenses essentielles telles que l’alimentation, le logement ou la santé. Dans un contexte économique déjà fragile, ces prélèvements occultes aggravent la précarité des habitants des zones concernées.

Face à cette situation, il est impératif que les autorités haïtiennes renforcent la surveillance des bureaux de transfert et mettent en place des mécanismes de contrôle efficaces. Une transparence accrue et une régulation stricte sont nécessaires pour protéger les droits des consommateurs et garantir l’intégrité du système financier dans les zones vulnérables.

En attendant, les habitants de Carrefour et Fontamara continuent de faire face à des pratiques économiques injustes, dans un climat d’insécurité et d’impunité.

Partagez ceci