Du micro à la cachette, l’inquiétant sort de Guyler C. Delva
Le climat d’insécurité et de pression politique s’est une fois de plus illustré à travers la situation préoccupante du journaliste Joseph Guyler C. Delva. Ce dernier, co-animateur de l’émission sociopolitique ” Matin Caraïbes “, diffusée sur Radio Caraïbes, a été contraint de suspendre ses activités professionnelles et de se mettre à couvert afin de préserver sa vie. Cette décision intervient alors que des signes de menaces directes et de manœuvres politiques visant à l’impliquer faussement dans des affaires de gangs se sont multipliés.
Selon les informations relayées par SOS journalistes ce mardi 9 septembre , au mois d’août, le porte-parole adjoint de la PNH, Lionel Lazarre, a contacté M. Delva pour lui signaler que le directeur de la DCPJ voulait lui faire parvenir une correspondance. Il a également demandé au journaliste de rappeler ledit directeur, sans succès. Malgré cette démarche, aucun document officiel n’a été transmis, ni aucune explication fournie, alimentant ainsi les soupçons d’intimidation ciblée.
En se retirant temporairement de la scène publique, Guyler C. Delva veut avant tout protéger sa vie. Mais son silence imposé reflète un malaise profond : celui d’un pays où la parole critique devient un danger, et où les professionnels des médias ne peuvent plus exercer leur métier librement, sans craindre pour leur intégrité physique ou leur réputation.
La situation de Delva soulève une fois de plus la nécessité urgente de garantir la liberté de la presse en Haïti, de protéger les journalistes menacés, et d’instaurer un climat où les voix divergentes ne sont pas criminalisées mais respectées comme piliers essentiels de la démocratie.
Toujours selon des sources proches du dossier, des membres influents du pouvoir auraient élaboré un plan visant à associer Guyler C. Delva aux activités de groupes armés, dans le même esprit que ce qui a été fait récemment à l’encontre d’un autre journaliste. Toutefois, cette tentative aurait été stoppée net grâce à l’intervention d’un officier de la DCPJ, soucieux d’éviter un scandale national susceptible de nuire à l’image de l’institution.
Delva n’en est pas à sa première mésaventure. Depuis plusieurs mois, il dénonce des comportements hostiles et discriminatoires à son encontre de la part des autorités en place. En tant que dirigeant de l’organisation SOS Journalistes, il a vu son institution exclue, sans motif valable, d’un programme de soumission de projets au profit du secteur médiatique, une décision assumée par le Conseil Présidentiel de Transition (CPT).
Pour le journaliste, cette exclusion s’inscrit dans une stratégie délibérée de marginalisation et de représailles contre ceux qui osent questionner l’ordre établi. Il s’agit là, selon lui, d’un signal inquiétant envoyé à toute la presse indépendante haïtienne, déjà fragilisée par les menaces, l’autocensure et l’instabilité politique généralisée.

